À partir du 1er juillet, fumer sur la plage sera interdit dans de nombreuses stations balnéaires françaises. Présentée comme une mesure de santé publique, cette décision s’inscrit dans une logique hygiéniste galopante, où la liberté individuelle est sacrifiée sur l’autel d’un bien commun toujours plus abstrait.


Fumer tue, certes, mais interdire, tue la liberté

Qu’on le dise d’emblée : il ne s’agit pas ici de faire l’éloge du tabac, ni de nier les ravages du cancer. Il s’agit de défendre une valeur plus fondamentale encore que la santé : la liberté. Celle de choisir, d’assumer ses choix, de respirer un parfum de liberté sous le soleil, un été, entre sable chaud et embruns salés. Car qu’on ne s’y trompe pas : cette interdiction, loin d’être un simple détail réglementaire, marque une nouvelle étape dans l’infantilisation du citoyen français.


Des plages sans fumée… et sans fumeurs ?

Les défenseurs de cette mesure évoquent la propreté des plages, la protection des enfants, la lutte contre le tabagisme passif. De nobles causes, certes. Mais derrière ces bons sentiments se cache une volonté de contrôle social. Une société qui interdit tout pour éviter tout risque est une société morte, anesthésiée, sans courage ni responsabilité.

Et concrètement, quelle sera l’efficacité réelle ? L’interdiction du tabac dans les bars et restaurants a certes réduit la consommation. Mais aujourd’hui, c’est le marché parallèle qui prospère. Contrebande, tabac de rue, trafic de cartouches : un Français sur quatre fume encore, souvent en dehors du cadre légal.


Des chiffres qui dérangent… ou confirment l’échec ?

En 1980, le tabac causait environ 60 000 décès chaque année en France. En 2024, malgré quatre décennies de politiques répressives, le nombre est monté à plus de 75 000 morts par an. La consommation globale a certes diminué, mais les décès n’ont pas suivi la même courbe : preuve que l’interdiction n’est pas synonyme d’efficacité.


Vers une économie souterraine de la cigarette de plage

Soyons lucides : cette interdiction risque d’alimenter un peu plus encore le marché parallèle du tabac. Car le fumeur, qu’on le condamne ou qu’on le plaigne, trouvera toujours une solution. Et souvent hors de tout cadre fiscal. Résultat : une perte sèche pour les buralistes, un manque à gagner pour l’État, et un renforcement des réseaux illégaux. Voilà ce qu’on appelle une politique à courte vue.


Une économie de santé ? Vraiment ?

Les partisans de cette mesure avancent l’argument des économies pour la Sécurité Sociale. Mais ce calcul oublie deux choses :

  1. L’État perçoit chaque année plus de 14 milliards d’euros en taxes tabac.
  2. Les dépenses de santé liées au tabac ont plus que quintuplé en quarante ans, preuve que l’interdiction et la culpabilisation ne suffisent pas.

Et surtout, ce raisonnement oublie l’essentiel : la santé ne doit pas devenir une religion. Elle est un bien précieux, mais elle n’est pas la justification suffisante pour rogner chaque parcelle de liberté.


Demain, quoi ? L’interdiction du pastis en terrasse ?

À force de vouloir tout encadrer, tout régenter, nos technocrates déconnectés finiront par faire fuir les derniers épicuriens. Le tabac, comme le vin ou le fromage au lait cru, fait partie d’un certain art de vivre à la française. Un art de vivre menacé par les croisés du « bien-être obligatoire », par cette gauche morale déguisée en gestionnaires.


Le problème n’est pas le tabac. Le problème, c’est le système.

Un système qui préfère punir les comportements visibles plutôt que de s’attaquer aux racines des maux : la solitude, la précarité, la perte de repères. Un système qui diabolise les fumeurs sur la plage pendant qu’il subventionne des centres d’injection supervisée en plein cœur des villes.

Alors non, interdire de fumer sur la plage n’est pas une victoire. C’est un renoncement. Un renoncement à la liberté, à la responsabilité, à l’intelligence du citoyen. Une mesure de plus dans la longue marche vers une société sous contrôle.

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