Il est de ces moments en politique où les masques tombent. Où les figures de la « droite responsable » se souviennent soudain qu’elles ont une colonne vertébrale, ou du moins un reste de mémoire. Xavier Bertrand, Président des Hauts-de-France, ancien ministre de Sarkozy, éphémère retraité de la politique revenu par la grande porte des interviews, vient de redécouvrir une vérité profonde : le macronisme est insupportable… surtout quand on n’est pas invité à la table.


Quand l’élection approche…

Dans L’Express, il tonne. Il frappe. En réalité, c’est un fusil de chasse à un coup, mais qu’importe. L’essentiel est de tirer dans le tas : Edouard Philippe ? Opportuniste glacial. Gabriel Attal ? Clone jeune et cosmétique. Bayrou ? Meuble ancien en solde permanente.

Ils sont tous coupables, selon Bertrand : explosion de la dette, recul de l’autorité, mépris du peuple. À un détail près : Bertrand était là. Il était même assis à la table. Ministre de la Santé, Ministre du Travail, soutien ambigu pendant des années, à naviguer à vue entre Macron et les Républicains selon les sondages du moment.


12 hommes en colère?

Mais aujourd’hui, il est en colère. Une colère à géométrie variable, visiblement. Quand Fessenheim a été fermée, Bertrand était en colère. Quand le référendum de Notre-Dame-des-Landes a été enterré, encore en colère. Les 80 km/h ? Rouge de rage ! Et pourtant, à l’époque, silence radio. Il a dû découvrir son indignation dans un dossier oublié au fond d’un tiroir régional.

Il fustige « le projet massif pour 2027 » d’Edouard Philippe. Très bien. Mais le sien, c’est quoi ? Un « retour à l’autorité », une « droite populaire », un gaullisme post-moderne ? Bertrand veut faire croire qu’il incarne la rupture, alors qu’il est le prototype même de cette « droite d’en haut », celle qui n’a jamais su choisir entre la technocratie confortable et la révolte nationale.

Il reproche à Attal de faire du « macronisme sans Macron ». Soit. Mais lui-même, ne tente-t-il pas un sarkozysme sans Sarkozy ? C’est-à-dire sans le souffle, sans l’énergie, sans la transgression. À la fin, Bertrand ne nous dit pas ce qu’il fera. Il nous dit seulement qu’il n’est ni Macron, ni Attal, ni Philippe, ni Bayrou. C’est une stratégie : le vide contre le vide.

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