Le masque made in France ira-t-il en Bretagne?

Jean-Jacques Fuan, ancien directeur de l’usine de masques FFP2 de Plaintel, près de Saint-Brieuc, se démène depuis des mois comme un diable dans un bénitier pour relancer son usine qui avait fermée en 2018. Un groupe américain, Honeywell, rachète l’usine et délocalise sa production à Nabeul en Tunisie.

En 2009, lors de la crise du H1N1, 200 millions de ces masques sortaient de l’usine bretonne chaque année grâce à 300 employés. L’usine avait alors dû délocaliser une partie de la production en Chine (quelle ironie du sort) pour faire face à cette demande exceptionnelle. Mais à distance de cette crise, les commandes furent de plus en plus faibles, les plans sociaux s’enchainèrent petit à petit jusqu’à la fermeture il y a deux ans.

Depuis le début de la crise du coronavirus, Jean-Jacques Fuan ne ménage pas sa peine, il convainc les anciens salariés, les fournisseurs de matières premières mais aussi les élus et l’opinion publique. Il bénéficie aussi du soutien de 40.000 signataires de la pétition en ligne, mais également de la région, du département, de l’agglomération de Saint Brieuc pour la relance de cette usine.

La semaine dernière, le 20 avril 2020, le député Marc Le Fur, député LR de la 3ème circonscription des Côtes-d’Armor et Vice-Président de l’Assemblée Nationale a défendu bec et ongles le projet de l’Usine de masques à l’hémicycle : « Les machines ne sont plus là mais les compétences sont là ! »

En effet, Les machines, qui ont également été fabriquées en Bretagne, ont été détruites et réduites en ferraille pour éviter de tomber dans les mains d’un concurrent.

« Jean-Jacques Fuan qui fut le Directeur de cette usine par le passé, est en train de relancer cette usine, il a identifié un certains nombre d’anciens cadres, d’anciens salariés, le sujet c’est de faire en sorte que nous puissions capitaliser cette entreprise. » (Marc Le Fur)

Et voici la réponse de La secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher :

C’est une usine dont les locaux sont d’ores et déjà repris par une autre entreprise, et les machines ont été mises de côté ou reprises par l’autre entreprise, avançait-elle. Selon elle, la montée en puissance de la production française pourrait être assurée par d’autres entreprises, comme Faurecia, Kolmi, Plastic Omnium, Michelin ou Brocéliande.

Le président de l’Assemble Nationale, Richard Ferrand ironise même sur Twitter :

« Je sais que l’équipe est motivée, j’ai été en contact avec le président de la Région. Peut-être que le projet de Plaintel est une bonne idée mais il y a des alternatives« , avait conclu Agnès Pannier-Runacher.

Concernant la fabrication des masques, le gouvernement est constant dans l’inconstance, il retourne sa veste chaque semaine, mais cette fois-ci, serait-ce du bon côté ? Car on assiste là à un rebondissement de l’exécutif dans l’affaire bretonne : Agnès Pannier-Runacher a adressé ce mercredi 22 avril un courrier au président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard :

« Je vous confirme que l’Etat, via Santé Publique France, et sous l’autorité d’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, peut se porter acquéreur de masques de protection pour les besoins du système de santé français. Lors de son voyage dans le Finistère, Emmanuel Macron d’affirmer : « La solution costarmoricaine est une très bonne nouvelle« .

Tout n’est pas encore gagné, les groupes de travail se donnent encore 15 jours à 3 semaines pour prendre une décision sur la relance de l’usine car l’Etat a besoin de garantie, d’un plan de relance viable, une promesse sur les prix de vente (Notamment sur un volume de masques significatifs sur plusieurs années) tout en sachant que les prix des Bretons seront toujours importants que ceux des Chinois.

Loïg Chesnais-Girard, le président socialiste de la Région et Alain Cadec, celui des Côtes d’Armor, demandent des engagements clairs à l’Etat ou à l’Union européenne (UE) pour assurer l’avenir d’un tel site. Le redémarrage d’une telle usine ne se fera pas avant six mois et à la condition que ce projet soit viable », pour le président de la Région Bretagne.

Les locaux sont disponibles, les fonds sont là, la Banque centrale européenne a les a débloqués, qu’attendons-nous ?

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