L’arabe à l’école, Tunis l’a mis!

Le décret du 2 mai 2020 passé quasiment inaperçu (de façon confinée pourrait-on dire) d’enseigner l’arabe dès le cours élémentaire est pourtant l’éclatant fruit d’une longue série de renoncements, qui a pris peu à peu pris prétexte de l’islamisme pour s’adapter aux enfants issus de l’immigration maghrébine plutôt que d’accentuer la maîtrise du français, seule clé d’une intégration réussie. C’est l’histoire de ces renoncements que je vous propose de parcourir.

Le 25 juillet 1977, l’Union européenne grave dans le marbre l’obligation faite aux Etats membres de proposer « en coopération avec les Etats d’origine, (…) en coordination avec l’enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d’origine en faveur des enfants. » Il s’agit de mettre en oeuvre les « Enseignements de la Langue et de la Culture d’origine ». Cette année-là les Enseignement Langue et Culture d’origine (ELCO) se mettent en place, à partir du CE1, avec 9 pays contributeurs: l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, l’ex-Yougoslavie, la Tunisie et la Turquie. Le but de cet enseignement est de permettre « le retour au pays ».

Pour Alexandre Del Valle, géopolitologue, c’est le péché originel du communautarisme à la française.

« Le fameux ELCO (Enseignement Langue et Culture d’origine) fait que les enfants turcs ou maghrébins, dans le cadre d’un accord voulu par l’Union européenne, ces enfants qui doivent normalement devenir des Français dans leur cœur, sont confiés à des gens qui sont tout à fait hostiles à notre pensée. (Sud Radio, décembre 2018)


Langue pro-France ou langue anti-France ?

Vingt-deux ans plus tard, en 1999, c’est la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires qui est adoptée par l’Europe. L’arabe-maghrébin y est consacré comme « langue de France ». Il y est indiqué qu’un « enseignement primaire » doit être « assuré dans les langues régionales minoritaires ». Cette charte est signée mais pas appliquée dans les faits. Pas dans ce siècle-ci, en tous cas. Ce qui n’empêche le travail de déconstruction du français de se poursuivre, sous la plume de l’inspecteur d’Académie Gérard Vigner, pour qui le français « sera certainement appelé à repenser sa relation aux autres langues, dans l’acceptation d’une diversité qui désormais s’impose à tous ». Diversité, le mot-sésame est tout trouvé.

En 2003, réunie par Jacques Chirac dans le contexte de la montée de l’islamisme à l’école, la commission Stasi (du nom du médiateur de la République Bernard Stasi) propose d’enseigner l’arabe, ainsi que le berbère et kurde. En 2009, au Sénat, Luc Chatel dénombre 203 enseignants de langue arabe dans l’enseignement en langues vivantes. Puis, en 2011, il plaide pour de « nouvelles classes de langues orientales en arabe ».


La gauche accélère

En 2016, la ministre de la Culture Audrey Azoulay reçoit un rapport de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, qui reprend à son compte l’expression « langue de France », parlé par 3 ou 4 millions de personnes. Le rapport, rédigé dans une novlangue de bon aloi, prophétise que:

« L’école et la créativité artistique représentent les voies d’avenir pour la perpétuation de la langue quasiment plus assurée (…) par la famille et le milieu. » (Rapport de la DGLF)

Tout s’accélère quand Najat Vallaud-Belkacem, qui a la double nationalité franco-marocaine, signe un accord franco-tunisien avec Néji Jelloul, son homologue d’Outre Méditerrannée, à la toute fin du mandat de Hollande, en mai 2017, qui transforme les ELCO en EILE (enseignements internationaux de langues étrangères). Les premières rencontres ont eu lieu en décembre 2014, entre deux soubresauts du Printemps arabe, avec un autre ministre, et l’idée d’ouvrir une école tunisienne à Paris ne voit (heureusement) pas le jour. Selon le Ministère de l’Education, ils sont 567 enfants du primaire (0,1% des écoliers) apprennent l’arabe à l’école pendant l’année scolaire 2017/2018 à ce titre. Cet accord prévoit que des professeurs tunisiens, sélectionnés et payés par le gouvernement tunisien, pourront venir enseigner l’arabe en France. Pour contrôler tout ce petit monde, seuls trois inspecteurs d’arabe circulent en France.

L’opposition de droite se déchaîne, par la voix de la députée Annie Genevard, contre le « communautarisme qui mine la cohésion nationale », Xavier Bertrand ou Bruno Le Maire, qui lui embraye le pas : « Il faut dire à Najat Vallaud-Belkacem qui veut faire apprendre l’arabe en classe de CP, qu’en France en CP on enseigne le français », ce à quoi la ministre répond en agitant un « combat populiste et xénophobe ». Rien que ça.

Belkacem Lounès, ancien élu écologiste stigmatise également cette orientation:

Est-ce une manière d’amadouer, voire de s’attirer la sympathie des islamistes pour qui l’arabe est la langue sacrée du Coran?

Pendant la campagne de 2017, François Fillon promet de « supprimer les enseignements de langue et de culture d’origine qui différencient les enfants issus de l’immigration » (France Bleu). Favorable à un temps à intégrer l’arabe, l’élu de la Sarthe y renonce en évoquant « une bonne idée quand on était dans une situation où on n’avait pas ces problèmes d’intégration ». Dont acte.


Macron adoube l’arabisation de l’école

A son arrivée au ministère de l’Education, Jean-Michel Blanquer fait sienne les orientations de la ministre, qui rejoignent celles de l’Institut Montaigne: « Il faut donner du prestige à ces langues. L’arabe est une grande langue littéraire qui ne doit pas seulement être apprise par les personnes d’origine maghrébine ou de pays de langue arabe ». Interrogé par Jean-Jacques Bourdin, au détour d’une question, il laisse à penser que l’arabe pourrait être enseigné dès le CP, l’obligeant à un démenti quelques heures et quelques polémiques plus tard (Libération).

En 2020, le directeur de l’Institut du Monde Arabe, Jack Lang, manque de quitter le plateau de Face à l’Info (voir notre article et la vidéo), perdant ses moyens devant un Eric Zemmour qui contredit son désir de promouvoir l’enseignement de l’arabe à l’école.

Le samedi 2 mai 2020, finalement, un décret portant la signature de Macron, Philippe et Le Drian, met en place d’un « enseignement complémentaire de la langue arabe » « en coopération avec les autorités tunisiennes ». Enseignement qui comptera dans les résultats scolaire des élèves. Concrètement, des cours dispensés par des tunisiens, sur la base du volontariat, et commenceront dès le CE1, avec possibilité de se poursuivre jusqu’au collège. Détail qui n’en est pas un, ils intègreront des « éléments de la culture tunisienne ».

2 réflexions au sujet de « L’arabe à l’école, Tunis l’a mis! »

  1. Ceci démonte clairement le mécanisme d’islamisation rampante de notre pays avec la connivence de  » nos » gouvernements et de présidents lâches ……..ou complices ! ! Déjà ,à deux reprises ,le Macron s’est démasqué en se rendant coupable de forfaiture en crachant sur la France ,en public ,et devant des puissances étrangères ! Rien que pour cela ,il aurait du passer en justice et être condamné à la destitution ! En 1793 ,il aurait été guillotiné ….en 2020 ………tout le monde s’en fout ! ! Pauvre France ! ! ……………..trahie par les Français ! !

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  2. Malheureusement la doxa de gauche et d’extrême gauche est au pouvoir, touchant une grande partie des élites dites éclairées.
    Sans compter la victimisation quasi systématique de certaines populations.
    On en arrive là………
    Au lieu de se battre, on attend des aides de toute part comme un oisillon attend la becquée.

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