Henri Guaino, imperméable aux prophètes de l’Apocalypse du Coronavirus

La Droite au coeur a faite la synthèse de deux interviews d’Henri Guaino, la première en mars 2020 intitulée «Comme en 2008, la peur et la panique sont aussi un risque épidémique» et l’autre le 22 mai 2020, «L’hygiénisme est un réel danger». On y découvre que, contrairement à beaucoup d’intervenants dans les médias, son discours est resté d’une grande stabilité. Et d’un grand secours pour montrer les écueils qu’une crise sanitaire peut nous mettre sous les yeux.

Singulièrement, la lecture de cette interview de mars 2020 confirme que l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy avait pressenti dès les débuts de la pandémie la gravité de celle-ci:

«Où l’on redécouvre que la nature n’est pas gentille mais impitoyable et que dans son sein mystérieux, elle tisse inlassablement la trame des destinées de tous les êtres vivants à partir de la seule loi qu’elle connaît, celle de la sélection naturelle, par laquelle le virus, pour survivre, tue les plus faibles

Mais cette brutalité de la nature ne doit pas interdire de la mettre dans la perspective de l’histoire longue. Ainsi, il relativise l’aspect exterminateur du coronavirus en rappelant le bilan effroyable de la grippe espagnole en 1918, qui a tué au moins 30 millions de personnes dans le monde.

«Cette épidémie, aussi grave soit-elle, n’est pas la pire catastrophe sanitaire de notre histoire. (…) Aucune catastrophe sanitaire n’a jamais conduit à enfermer près de la moitié de la population mondiale. Et elle finira peut-être par faire plus de victimes que l’épidémie. En tout cas, elle peut détruire nos sociétés, nos vies, nos libertés.»


Contre la dictature hygiéniste

Concernant le confinement, il se montre très critique à l’égard de ce qu’il nomme la dictature hygiéniste, et cite le secrétaire général de l’ONU qui a déclaré que le vaccin est la condition du retour à «une vie quasi normale». Guaino relève l’utilisation obstinée de l’adverbe « quasi« :

« En assouplissant toutes les contraintes qui peuvent l’être et en pariant sur une découverte la plus rapide de l’histoire des vaccins, on pourrait l’espérer miraculeusement disponible d’ici à deux ans. (…) Si l’on applique le principe du risque zéro, nous allons vivre longtemps dans un drôle de monde une vie qui n’en sera plus une. Jusqu’à quand ne se serrera-t-on plus la main et ne verra-t-on plus le visage de l’autre?»

Henri Guaino s’emporte contre une Europe qui n’a pas été au «rendez-vous de l’histoire»:

«Il est incompréhensible que, dès les premières données chinoises connues, l’Union européenne n’ait pas suspendu toutes ses liaisons aériennes et maritimes avec la Chine.»

Pointant plus particulièrement la situation française, il ajoute, évoquant le ton des responsables qui manient les chiffres de morts tous les soirs ou agitent la peur d’une deuxième vague à intervalles réguliers:

«Pour que cette situation inouïe (le confinement total) se maintienne, il fallait faire de plus en plus peur au fur et à mesure que le confinement devenait plus dur à supporter.»


Stop à l’infantilisation

Et le corollaire de cette peur brandie comme outil du domination, c’est une tendance aux restrictions toujours plus importantes, notamment dans le domaine des libertés publiques. Les citoyens ont besoin d’être convaincus de la nécessité d’une mesure plutôt que de ne pas en comprendre le détail et l’efficacité chez nos voisins. Contre ce péril dans un pays déjà fracturé par le mouvement des Gilets Jaunes et d’une réforme des retraites brutale et inapplicable, Guaino met en garde.

« Il faut que s’arrêtent au plus vite le règne de l’infantilisation, de l’arbitraire et la tentation d’une société de surveillance qui prétendrait consoler les moindres aspects de la vie sociale dans lesquels nous sommes en train de glisser. » (Lire à ce sujet notre article sur la Loi Avia)

Et de la même manière que la peur est mauvaise conseillère et que les avis des médecins ne sont que le reflet d’impératifs pratiques et locaux (comme la Corée du Sud qui a préférée dépister massivement les malades plutôt que de confiner sa population).

« Plus le confinement s’éternisera, plus les contraintes imposées se durciront, plus les victimes se multiplieront et plus les antagonismes et les rancœurs grandiront. Chacun regardera l’autre, de plus en plus, comme une menace pour sa vie et pour sa liberté. »


Effets judiciaires, politiques et économiques

Tandis que l’Organisation Mondiale du Travail suggère qu’1,6 milliard d’humains pourraient être privées de tout moyen de subsistance dans les mois qui viennent (Le parisien, 28/04/2020), il est urgent de se pencher sur les conséquences économiques et sociales de cette crise du Covid-19.

« Vouloir privilégier la santé sur les profits est un impératif moral. Mais détruire l’économie, ce n’est pas privilégier l’humain mais le sacrifier. »

Côté gestion politique de cette crise, Guaino a une idée très précise sur le débat récurrent pour faire le tri entre les « responsables mais pas coupables ». Pour lui, vouloir s’abriter derrière les médecins n’est ni suffisant, ni disculpant:

« Le politique n’a pas le droit de se défausser sur le médecin de sa responsabilité morale. (…) Même si Mme Buzyn a ouvert un abîme de doutes, le temps du procès n’est pas venu. »

En ce qui concerne le monde d’après, une crise semblable à celle de 2008 qu’il avait affronté avec Nicolas Sarkozy doit permettre, à l’instar de Montaigne dans ses Essais, de penser contre soi-même:

« Le risque est toujours le même: que, comme après la crise financière, la tempête passée, le cours des idées reprenne comme avant, parce que, pour refonder, il faut repenser, et que c’est le plus dur. « 

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