La PMA pour toutes, terrassée par le Covid-19?

Le projet de loi PMA pour toutes adopté en première lecture en octobre à l’Assemblée nationale, puis en février par le Sénat, aurait dû être examiné en deuxième lecture au printemps 2020 au Parlement, pour une adoption avant l’été. Or, Covid-19 oblige, cette loi, promise sous François Hollande, risque de ne pas être adoptée sous le mandat d’Emmanuel Macron. Quand pour certains, c’est l’arlésienne, pour d’autres, l’espoir renaît.


Une urgence qui n’en est plus une

En 2013, déjà, les députés socialistes s’étaient engagé à inclure la PMA pour toutes dans la Loi avant la fin de l’année. Sept ans plus tard, Gilles Le Gendre, le président du groupe des députés LREM, déclare sur LCI le 21 mai 2020:

« J’espère que nous pourrons adopter la PMA d’ici à la fin du quinquennat » (…) « Avant l’été c’est impossible, pour deux raisons : pour une raison de calendrier, nous n’avons plus beaucoup de temps et nous avons des textes importants très liés à la situation économique d’urgence, et par ailleurs les Hémicycles, Sénat comme Assemblée, travaillent à effectif réduit pour respecter les règles sanitaires.»

Suite à cette déclaration, une déferlante de déclarations s’en est suivie sur l’abondon hypothétique de la première réforme sociétale de la gauche du quinquennat Macron, comme celle de Sacha Houlié, député LREM, dans ce tweet:

« Pour nombre de couples et de femmes, la PMA est bel et bien une urgence. Les députés de la majorité sont attachés à ce que cette promesse de campagne soit réalisée le plus tôt possible »

Ou encore cette déclaration de Coralie Dubost, députée LREM qui twitte :
«Comment imaginer reporter à date inconnue ce sujet brûlant d’actualité (…)

Ce à quoi a réagi Olivier Veran, toujours rassurant, quelque soit le sujet :
«Le débat parlementaire n’est pas achevé, et si la priorité donnée à la crise sanitaire rend difficile son adoption avant l’été hélas, elle le sera dans les tout prochains mois

Depuis deux ans, les discussions autour de ce projet de loi font débat. Certains anciens opposants à cette loi, notamment à droite, y sont devenus favorables, raison pour laquelle, le texte de loi bioéthique avait été adopté au Sénat avec un vote remporté de justesse. Maintenant, à quand sera fixé le passage à l’Assemblée, nous l’ignorons et ce n’est pas le sujet qui préoccupe les français, loin s’en faut.
La vrai priorité pour les français, c’est la reprise économique, et tant, qu’elle ne sera pas perceptible, tous les autres sujets ne seront que secondaires et non prioritaires à leurs yeux.


La guerre continue entre les pro et les anti PMA pour toutes

D’un côté, les militantes, telles Caroline De Haas, s’insurge de ce report du calendrier : «Il y a des femmes derrière vos décisions de calendrier. Des personnes. Votre mépris est sidérant». Tandis que Ludivine de la Rochère,  présidente de La Manif pour tous, souligne une nouvelle fois le rôle fondamental de la médecine qui est uniquement de soigner et non de réaliser les désirs de chacun :

«Je ne vois pas comment le gouvernement et le parlement pourraient prendre le temps de revenir à ce débat durant le quinquennat, la crise sanitaire n’est pas terminée. Une crise économique d’une ampleur inconnue s’annonce. Il y a une part de provocation à plaider pour la remise au calendrier de ce texte maintenant». Le Covid-19 a aussi montré à quel point notre système de santé était en difficulté. Alors que l’on compte les lits de réanimation, il serait indécent de voir la médecine se consacrer à la réalisation de désirs individuels».

La sénatrice LR Muriel Jourda comprend «que la loi de bioéthique ne puisse pas être adoptée cet été (…) C’est un grand débat de société où chacun doit pouvoir s’exprimer. Il me semble difficile de mener ces travaux en effectif réduit, comme c’est le cas actuellement.»

Au sein des LREM, la notion d’urgence absolue pours le texte de la PMA pour toutes divise :

Pour le député Guillaume Chiche, le texte « est une urgence absolue. Chaque jour qui passe est une chance de succès en moins de fonder familles pour celles qui le désirent ».


Des questions loin d’être réglées

Au sein des LREM, Philippe Chalumeau, député de la première circonscription de l’Indre et Loire ou encore Daniel Labaronne, vice-président de la commission des finances, s’accordent pour confirmer que « beaucoup de textes budgétaires occupent l’agenda parlementaire » et que dans cette crise du coronavirus, le projet de loi de finance est une urgence absolue quand le texte de loi sur la PMA pour toutes ne l’est plus, il va de soi.

Aujourd’hui, cette crise sanitaire sans précédent a pris tout le monde de cours, notre vision du monde évolue chaque jour, nos certitudes également. Nous voyons que les français se sont recentrées sur des notions telles que la famille, la solidarité. Les valeurs essentielles et les croyances se sont quelque peu modifiées, en sera t-il de même pour la Loi de bioéthique (qui comprend la PMA) dans les rangs de l’Assemblée Nationale lorsque le vote aura lieu? A suivre!

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