Pendant que Macron blablate, Dijon brûle

Il aura fallu 4 jours de violences ininterrompues pour que la ville de Dijon obtienne enfin les renforts policiers (CRS, brigade anticriminalité, RAID) qui permettent de rétablir l’ordre dans un de ces quartiers difficiles. Il s’agit de celui des grésilles, plaque tournante de la drogue, dans lequel on a assisté à des scènes de guérillas urbaines authentiquement stupéfiantes. Interrogé ce matin sur RTL, François Molins, procureur Général auprès de la Cour de Cassation, a assuré n’avoir «jamais vu une telle intensité de violence».


Une ambiance de Far West

A l’origine des affrontements, un jeune tchétchène de 16 ans avait été lynché dans un bar à chicha par un auto-proclamé « gang maghrébin ». En réponse, la communauté tchétchène a organisé des expéditions punitives à Dijon et à Nice. Cette population estimée à 20 000 personnes en France est coutumière du fait, puisque des évènements similaires, quoique moins spectaculaires, avaient eu lieu à Troyes en avril et à Rouen en mai. Le Maire socialiste de Dijon, François Rebsamen, faisant le bilan de ces quatre soirées, a regretté l’envoi tardif de renforts en nombre suffisant pour que la « paix publique » revienne.

Les protagonistes, cagoulés, exhibaient des armes de guerre de style kalachnikov sur les réseaux sociaux. Ils étaient de l’ordre de 150 dans le camp des Tchétchènes et leur arrivée impromptue n’avait pas été signalée par les services de renseignements territoriaux.

Il aura fallu attendre 3 jours pour voir les premières interpellations au nombre extrêmement restreint, la police privilégiant la mise à distance, comme doctrine de maintien de l’ordre depuis de nombreuses années.

Parmi les dégâts constatés, outre la destruction du bar à chicha précédemment cité et l’incendie de nombreux véhicules, tout le réseau de caméra de vidéosurveillance a été anéanti.

Au final, on déplore 12 blessés, dont un journaliste de France 3 dont la voiture a été caillassée et projetée contre une barricade enflammée. Cela n’a pas ému la presse pour autant, elle qui, c’est un euphémisme, a été particulièrement discrète sur les événements, par peur de stigmatisation sans doute. L’avocat Gilles-William Goldnadel, note sur Twitter qu’une radio comme France Inter ne parle pas du tout de violence.

Dans le registre des bisounours, Jean-Louis Burgat explique les violences par le fait que les « tchétchènes n’ont pas confiance dans la justice (sic)« . (L’heure des Pros 2 – CNEWS – 16/06/2020).

Il faudra dire à tous les professionnels de l’indignation que l‘excuse sociale ne tient pas dans ce quartier, puisque des investissements considérables (135 millions d’euros de disparition de barres, réhabilitations et équipements publics) y ont été réalisés ces dernières années.


Une doctrine policière critiquée

Chez les policiers, on observe beaucoup d’amertume, à l’image du commissaire Mégret :

« Il y a une forme d’impuissance de l’État face à des gens qui ont une vendetta à mener et qui sont capables de faire appel à leurs propres forces mobiles, venues de l’extérieur et même d’Allemagne pour se faire justice! » (…) et de regretter que « vider les prisons en plein coronavirus soit un très mauvais signal et un pari risqué qui va se payer cher« 

Le criminologue Alain Bauer met en garde contre la «logique tribale qui met à mal le modèle centralisateur» et condamne la « faiblesse de l’exécutif« . Frédéric Péchenard, l’ancien directeur général de la police nationale devenu vice-président LR d’Île-de-France, va dans le même sens et parle même d’un vrai Far West, favorisé par « trop de frilosité, trop d’atermoiements au sommet ».


L’expulsion du débat

Suite à l’émotion suscitée par ces images de violences échevelées, Emmanuel Macron a dit qu’il examinerait toute possibilité d’expulser, au bon vouloir du Juge, les délinquants avérés, ce que confirme le Ministère de l’Intérieur aujourd’hui :

“Si des étrangers sont impliqués dans des troubles à l’ordre public, nous examinerons systématiquement, dans le respect des procédures administratives et le cas échéant judiciaires, la possibilité de les expulser”,

Si on n’a pas la mémoire courte, on se souvient que dès octobre 2017, Jupiter-Macron avait déjà tenu les mêmes propos en affirmant le dimanche 15 octobre sur TF1 : « tous les étrangers en situation irrégulière qui ont commis un délit seraient expulsés« ,
Eric Ciotti le prenait alors au mot tout en soulignant qu’il ne fallait pas faire de différence entre des irréguliers et des irréguliers délinquants. Le en même temps a ses limites…

Un commentaire

  1. heureusement qu’il existe un GILLES WILLIAM GOLDNADEL pour avoir le courage d’exprimer ce que beaucoup d’entre nous pensons, grand merci à sa personne indispensable pour représenter une fraction de la population dont je fais partie

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