A Dijon, la paix civile se discute à la mosquée

Après les scènes de guerres entre communautés tchétchène et maghrébine du week-end dernier à Dijon dans le Quartier des Grésilles, il y eut un deuxième acte dans la dislocation de l’autorité de l’Etat, loin de toutes règles républicaines, le mardi 16 juin 2020, auxquels par chance des journalistes de Marianne ont pu assister.

C’est ce soir-là que c’est opéré « l’armistice » entre les deux communautés, dans le jardin d’une mosquée sunnite de Quétigny, à côté de Dijon. Elle mettait en présence Zelimkhan, le père de l’adolescent tchétchène de 19 ans tabassé devant un bar à chicha « le Black Pearl », ado qui a fini par porter plainte le 16 juin après que les policiers soient venus à son domicile.

La réunion d’une quinzaine de personnes s’est faite la nuit après que le secrétaire d’Etat Laurent Nunez (Le clown Castaner étant sans doute retenu par quelque chose de plus important) ne se soit affiché à Dijon aux cotés des autorités de la ville.

En maitre des lieux, l’imam Mohammed Ateb, Tunisien et professeur de mathématiques, représentant régional des Musulmans de France, président de la Jeunesse musulmane de France en Bourgogne, et proche des Frères musulmans, recevait des membres de chaque communauté, épaulé par un imam venu de Dole dans le Jura.


Double jeu et aveuglement

C’est ce même imam qui aurait incité ses ouailles à se préparer à en découdre avec les tchétchènes : « Face à mes compatriotes (sic) décidés à défiler, j’ai alors fait passer le mot pour que seulement 48 voitures participent à un cortège destiné à exprimer notre solidarité, sans violence », avant d’être arrêté par le RAID et la BRI dans la cadre d’une enquête pour «tentative de meurtre en bande organisée, dégradation en réunion, violences aggravées, association de malfaiteurs et participation à un groupement armé » (Marianne, 20/06/2020).

Interrogé le 16 juin sur LCI, le maire de la ville François Rebsamen doit vivre dans une réalité parallèle, puisque, malgré l’instruction judiciaire, il affirme que les armes sont le fruit de l’invention de certains sur les « réseaux sociaux ». Tout en déplorant que seuls 8 policiers en service de nuit officient dans toute son agglomération.

Toute cette médiation, entamée quelque jours plus tôt et filmée avec complaisance par BFMTV, au cours de laquelle des excuses ont été prononcées de la part des tchétchènes, s’achève par une prière et de vagues promesses de ne pas recommencer. A l’antenne, le message du doyen de la communauté tchétchène est clair: « tout ça n’est pas à cause du trafic de drogue ». En cela il est appuyé par le président autocratique de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov, qui a déclaré au sujet de la situation à Dijon :

« C’est mon opinion personnelle : je pense que les actes des Tchétchènes ont été corrects ! » (Ramzan Kadyrov, cité par La Voix du Nord, le 20/06/2020)

Mais après la cérémonie, les journalistes de Marianne sont pu recueillir un témoignage anonyme qui fait froid dans le dos :

« Cette façon de faire est caractéristique de la tradition tchétchène« (…) « On préfère régler ça entre nous plutôt que de faire appel à la justice« .

En effet, dans cette affaire, nombre de protagonistes redoutaient surtout d’être expulsés du territoire. Ce que pointe le député Les Républicains Eric Ciotti :

« C’est presque un théâtre de guerre. Pourquoi nous en sommes arrivés là? Il y a des phénomènes, il y a l’immigration (…) Je ne comprends pas pourquoi on donne l’asile à des personnes violentes » (Eric Ciotti, interrogé sur Europe 1 le 16/06/2020)

De son côté, Manuel Valls s’est dit « tout à fait étonné quand je lis des commentaires sur cette négociation, sur cette trêve ou cette paix, signée entre ces groupes. Il faut le dénoncer. Les Français qui regardent cela se disent ‘où sommes-nous ?’ (Europe 1, 18/06/2020)

On ne peut que le constater, Christophe Castaner, déjà absent et rejeté par les policiers est également inopérant en tant que ministre chargé des cultes. Et il a beau lancer une offensive de communication ce dimanche en suppliant de conserver son poste, il n’est absolument pas l’homme que la situation exige.

Un commentaire

  1. Devant cette situation terrible pour l’avenir de notre pays qui n’est plus à nous HELAS TROP TARD ! ! ! je ne peux que regretter, regretter et regretter………notre laxisme, notre lacheté et notre aveuglement.

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