Les djihadistes: 60% de récidivistes en France

Une étude rapportée par le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT), menée de 1988 à 2006, a été communiquée hier au Sénat et ses conclusions sont plus qu’accablantes : 60% des djihadistes vont récidiver.


Le Président du CAT, Jean-Charles Brisard et ses collègues Manon Chemel et Sacha Belissa constatent que ces individus sont extrêmement dangereux sur le plan idéologique, qu’ils manient les armes comme personne et que de surcroît, ils arrivent à recruter dans leurs rangs.

Au niveau mondial, le taux de réengagement des djihadistes est de 11%, en France, ce chiffre s’élève à 60%, et, les 40% non récidivistes restent des référents religieux incontestés.


L’inégalité des terres de djihad en matière de récidive

Les condamnations pour récidive ont lieu en France ou à l’étranger pour des infractions terroristes et le taux de récidive varie selon la terre de djihad d’après l’étude du CAT :


Les années passées en prison ne les changent guère

Les islamistes engagés dans l’action violente resteront dans cet état d’esprit et la prison n’aura aucun effet salvateur. Lorsqu’ils sortent de prison, ces individus ne sont, pour le moins, pas déricadicalisés et portant ils recouvrent leur liberté….

D’après les chiffres de l‘administration pénitentiaire, les individus sortent de prison alors qu’ils étaient partis sur la zone syro-irakienne en 2015 (voir tableau ci-dessous) et ont été condamnés à des peines de 5 à 9 ans de prison. Le premier d’entre eux, a été libéré le 13 janvier 2020, de retour de Syrie (RTL, 18/01/2020)

Depuis 2019 «la sortie de prison des détenus pour faits de terrorisme islamiste s’effectue selon des modalités plus strictes», chaque personne libérée étant notamment prise en charge par un service de renseignement. On mesure l’ampleur de la tâche immense à accomplir!

Quant aux détenus de droits commun susceptibles de radicalisation, ils sont simplement signalés à la Préfecture.

En France, les peines de prison sont loin d’être suffisamment sévères au vu des actes terroristes, c’est probablement une des raisons pour laquelle le pourcentage de récidive est très élevé dans notre pays. Les détenus se répartissent entre les quartiers de prévention de la radicalisation (QPR) et les quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER).


87% des français souhaitent une rétention de sûreté pour les djihadistes et les radicalisés

Selon le sondage du Figaro ci dessous, les djihadistes et les radicalisés doivent rester privés de liberté après leur séjour en prison et être soignés de façon permanente :

Le nouveau ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, dans la lignée de Nicole Belloubet, veut militer pour rapatrier les djihadistes français, au nom de « l’honneur de la France », rien que ça (Valeurs actuelles, 20/07/2020). Et les pays où ils sont détenus, comme la Syrie, n’en demande pas tant!

Pour le député LR Pierre-Henri Dumont, c’est les éliminer plutôt que de les accueillir qu’il faudrait faire: « Ce sont des éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak (…) c’est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France, la France ne doit jamais les réaccueillir.» (20 minutes Janvier 2019)

On se souviendra du terroriste de Romans-sur-Isère faisant 2 morts, il n’aura fait la une des journaux que pendant quelques heures. une préfiguration de ce qui nous attend demain.

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