La France est encore plus à droite qu’avant

C’est une première dans la longue histoire politique de la cinquième République. Jamais on a pu mesurer que la France bascule autant à droite. D’après une étude de l’écrivain et spécialiste des sondages Jérôme Fourquet, auteur notamment de l’Archipel Français, paru en mars 2019 pour l’hebdomadaire Le Point, le bloc d’électeurs affichant leur appartenance à la droite plutôt qu’à la gauche (voir schéma ci-dessous) n’a jamais représenté autant.


La droite écrase la gauche

Même si au plus haut sommet de l’Etat on nous explique que le « nouveau monde », dit « progressiste », a effacé l’ancien, en réalité il continue à se faire aspirer par les idées de droite, notamment sur l’autorité de l’Etat. A titre d’exemple, la nomination de Gérald Darmanin met fin à une longue séquence de ministre de l’intérieur socialistes. Car le clivage existe toujours: on n’est pas de droite, ni de gauche on le devient. Mais où diable est passée la gauche, qui a connu un beau rebond aux municipales?

« Le fait d’être de droite ou de gauche a encore beaucoup de sens et beaucoup continuent de voir le monde politique ordonné autour de cet axe-là. Seulement, on constate que pour une partie grandissante de la population ce clivage perd son sens » (Jérôme Fourquet, 2020).


Macron soigne sa droite

Dans le détail, au fil de cette étude, que révèle l’hebdomadaire Le Point, même ceux qui avaient voté pour Emmanuel Macron se sentent plus à droite qu’au centre.

« Lorsqu’Emmanuel Macron a constaté que la droite, en dépit de l’affaire Fillon, avait résisté en obtenant 100 députés, elle est devenue le camp à fracturer. D’où l’enchaînement de nominations et de choix politiques ». (Jérôme Fourquet, 2020).

Aussi, en trois ans d’exercice du pouvoir de la République en Marche, le pourcentage de son électorat qui se considèrent authentiquement « du centre » plutôt que « de droite » est passé de 24% à 15%. Et le vocabulaire « jupitérien » a suivi.

Au « ni de droite ni de gauche » s’est substitué le « et de droite et de gauche ». Dans le paradigme de LREM, la partie « de gauche » de ses réalisations s’est peu à peu limitée à l’écologie et à une réforme sociétale (la Loi Bioéthique). Mais en ouvrant grand les vannes des déficits publics, Macron n’a pas renoncé à gagner (ou à perdre) sur tous les tableaux en 2022.

 

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