Bayonne, Dijon, Orléans, Amiens, Soisy-sous-Montmorency: on tue ou on frappe pour un simple masque

Soisy-sous-Montmorency : frappé à la batte de base ball car il demande de porter un masque

Même si Monsieur Macron parle d’incivilités, les agressions gratuites se multiplient cet été notamment pour une nouvelle « cause », celle du non port du masque, obligatoire dans les lieux clos recevant du public depuis le 20 juillet 2020. Le point de départ à ces agressions voire homicide pour le cas du chauffeur de bus de Bayonne, c’est une simple remarque, un regard en coin pour le non respect du port du masque.


Risquer sa vie pour demander « à l’autre » de porter son masque

Le drame du conducteur de bus Philippe Monguillot est l’exemple parfait d’une violence gratuite. Une agression mortelle pour un contrôle d’un ticket, d’un masque. Le chauffeur est décédé le 10 juillet 2020, il avait été agressé par 4 jeunes. Ce dimanche 2 août, en pleine après-midi, à la laverie de Soisy-sous-Montmorency (Le Figaro, 03/08/2020), un homme a été roué de coup avec une batte de baseball devant ses deux enfants de 5 et 7 ans pour avoir simplement demandé à son agresseur de porter un masque. L’homme a porté plainte pour «violence aggravée». Après avoir été sermonné, son agresseur était revenu dans la laverie accompagné par 3 autres énergumènes. La scène a été filmée par les caméras de surveillance de l’établissement. Le père de famille s’indigne d’un tel comportement. Ils étaient à 4 pour le battre simplement pour un masque et même au sol, ils continuèrent à le frapper.

 «J’ai eu six points de suture derrière le crâne, juste au dessus de ma nuque. S’ils touchaient ma nuque c’était fini, à deux centimètres près c’était la morgue. Mais attendez…pour un masque ?»


Les actes de violences gratuites en constante augmentation

Toutes les deux minutes, une plainte est déposée à la police pour une violence gratuite. Voici les chiffres du Ministère de l’Intérieur, publiés via son service statistique, le SSMI. 

2017 : 644 agressions par jour
2018 : 700 agressions par jour
2019 : 970 agressions par jour

Pour Alain Bauer, criminologue qui créa l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), il s’agit du «pire bilan qu’on ait vu depuis des années». – Le Figaro – Aôut 2020

« Ces chiffres sont particulièrement révélateurs. Les violences qui grimpent ne sont pas seulement celles liées au maintien de l’ordre. Tous les types de violence sont concernés, faisant effectivement craindre un retour à presque quarante années en arrière, en tout cas sur le terrain des homicides et des tentatives d’homicide »


Un soignant tabassé

Autre exemple, malheureusement, dans la ville du Président de la République, à Amiens, ce jeune soignant nommé Fabien a décidé de porter plainte. Alors qu’il se détendait dans un bar le 26 juillet en discutant avec un ancien patient, là aussi en pleine après-midi, il vit un homme ne portant pas de masque venir au comptoir du bar, il lui demanda de porter un masque, lui-même ayant été en première ligne pendant de longs mois et connaissant l’impact du non port du masque notamment dans les espaces clos. Là encore, même constat, les faits sont totalement inappropriés face à la situation :

“Il m’a attrapé par le cou, par le tee-shirt, il m’a sorti du bar et il m’a décoché une droite en plein dans la mâchoire. Je suis tombé en arrière et la tête à tapé contre le sol

Fabien, soignant, expliquait à la serveuse qu’avec de tels comportements l’épidémie pourrait reprendre car comme le confirme aujourd’hui Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, invité sur LCI : « si tout le monde porte le masque, l’épidémie s’arrête« 

Fabien le regrette : « les Français sont comme ça, ils applaudissent le lundi puis le mardi ils vous frappent ». Est-ce que ceux sont les mêmes Français? Non, assurément, c’est seulement un partie de la société qui est ensauvagée, pour reprendre les termes de Monsieur Darmanin, terme davantage prêtée à l’extrême droite depuis quelques années.


Libérés le lendemain

De même à Dijon, le conducteur de tram qui fut frappé par deux mineurs qui refusèrent de porter le masque. Le conducteur eut le nez en sang et dû aller à l’hôpital : les mineurs furent libérés le lendemain.
Le cœur du problème, d’après Maurice Berger, pédopsychiatre dans un centre éducatif renforcé (CER), c’est l’impunité qui serait la cause de ces comportements de plus en plus observés : « Quand on n’est pas puni, on recommence ». (Voir son étude sur les enfants et adolescents violents)
A Orléans, la veille, un jeune avait frappé un conducteur de bus qui réclamait le port du masque, il le blessa à l’oeil (4 jours d’ITT). Le mineur a été mis en examen puis placé en détention provisoire et l’enquête se poursuit…


Dans le même esprit de violence gratuite, à Corbeille-Essonnes, ce dimanche 2 août, vers 4h30 du matin, un homme de 38 ans a été frappé de trois coups de couteaux dans le parc Robinson. Il réclamait simplement que les fêtards diminuent le son de la musique…

A ce moment précis de déchaînement de violence, l’autre n’est plus un être humain, il devient un objet, un défouloir sur lequel on relâche ses propres tensions, nous rappelle Maurice Berger.

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