Ne dites plus « Dix petits nègres » mais « ils étaient dix »

Le « littérairement correct » progresse » tout les jours en France. Dernier épisode en date, le livre à succès d’Agatha Christie, « Dix petits Nègres« , titré initialement « Ten Little Niggers« , puis « Ten little indians », et enfin « And Then There Were None« , comme la fin d’une comptine qui l’inspira pour son livre, va, dans sa prochaine édition française au livre de poche, changer de nom et de et s’appeler « Ils étaient dix ». Le texte, traduite par Gérard de Chergé, sera aussi nettoyé du mot « nègre », du nom de l’île où se situe l’action à l’époque.


Les enjeux sont fortement symboliques: avec 100 millions de copies vendues, c’est le roman policier le plus lu de tous les temps, et le sixième livre le plus lu au monde.

C’est à l’initiative de James Prichard, l’arrière-petit-fils de la romancière, que cette révision a été faite, selon lui, pour respecter la volonté de son aïeul, et surtout de ne « blesser personne« :

« Mon avis, c’est qu’Agatha Christie était avant tout là pour divertir et elle n’aurait pas aimé l’idée que quelqu’un soit blessé par une de ses tournures de phrases. (…) Ça a du sens pour moi : je ne voudrais pas d’un titre qui détourne l’attention de son travail. Si une seule personne ressentait cela, ce serait déjà trop ! Nous ne devons plus utiliser des termes qui risquent de blesser »

Après le retrait suivi de la contextualisation du film « Autant en emporte le Vent » il y a quelques mois, cette offensive du racialisme dans la foulée des Black lives Matter laisse entrevoir un nouveau recul de la liberté de la création, dénoncé par de nombreuses personnalités, comme Eric Naulleau, Raphael Enthoven ou Jean-Paul Brighelli.

« Je n’ai pas assez de mépris pour les gens pour considérer qu’ils sont incapables de comprendre que les Dix petits nègres sont un classique où il n’y a aucun élément de racisme« 

Raphaël Enthoven LCI, 27/08/2020

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