À Lampedusa, on croule sous le poids des migrants

L’île italienne de Lampedusa est débordée et appelle désespérément à l’aide qui veut bien l’entendre. Son centre d’accueil d’urgence contient actuellement 1.160 migrants, soit dix fois sa capacité théorique maximale. Désormais, à ce chiffre il faudra ajouter 367 migrants (321 hommes, 13 femmes et 33 mineurs) qui voyageaient sur un bateau de pêche délabré, ainsi que les 350 personnes embarqués sur le navire humanitaire Sea-Watch 4 conjoint de Médecins sans frontières et Sea-Watch (du nom d’une ONG allemande). Avec une météo très mauvaise, le bateau de pêche a failli chavirer. Vendredi, c’était une trentaine de braques venues de Tunisie, contenant 500 migrants qui déferlaient sur les côtes italiennes. Un flot incessant qui crispe le responsables locaux.


Le maire menace de faire grève

Excédé, et pressé par une opinion publique hostile aux nouveaux arrivants, le maire de Lampedusa, Totò Martello, menace de se « mettre en grève ». De son côté, le président de la région sicilienne, Nello Musumeci, se désole en estimant que «La Sicile ne [puisse] pas continuer à payer l’indifférence de Bruxelles et le silence de Rome». Les migrants qui arrivent en Sicile sont majoritairement des hommes jeunes, de l’Erythrée et du Nigéria, et les passeurs, des maghrébins.

Les gardes côtes italiens privilégient les personnes les plus fragiles pour les accompagner sur la terre ferme, en plus des mesures anti-Covid qu’il est particulièrement difficile de faire respecter.


La gauche a un combat à sa mesure

Un bateau humanitaire, le Louise Michel, affrété par l’artiste Banksy qui a réalisé une fresque sur son flanc, patrouille dans les eaux pour récupérer des embarcations de fortune. Le capitaine de ce bateau n’est autre que l’allemande Pia Klemp, toujours sous le coup d’une procédure pour aide à l’immigration illégale», et qui encourt une peine de 20 ans d’emprisonnement ou une amende de 15 000 euros par personne sauvée.

La maire de Marseille écologiste Michèle Rubirola a de son côté demandé à l’Etat français de lui permettre d’ouvrir son port aux navires humanitaires (LCI, 30/08/2020).

Frontex, l’organisme qui est censé surveiller les frontières extérieures de l’Union, attendra encore jusqu’en 2027 de disposer de 10.000 agents. Et la lenteur du traitement des dossiers allié à la difficulté à renvoyer les migrants chez eux est incommensurable. Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 15.000 migrants ont tenté de rejoindre l’Europe depuis la Libye, depuis le début de l’année 2020, soit 91% de plus que l’année dernière. On dénombre 17 000 morts et disparus en Méditerranée entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018.

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