La défiance des policiers vis-à-vis de Dupond-Moretti est bien installée

On a appris à comprendre que les deux ministres vivent dans deux France différentes: une, celle d’Eric Dupond-Moretti, où l’insécurité devient un sentiment d’insécurité, la seconde, celle de Darmanin, où la société française est victime d’actes de sauvageries et d’ensauvagement, comme il l’a encore rappelé au Parisien. Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police FO, met les points sur les i:

Le secrétaire général de Synergie-officiers, Patrice Ribeiro, l’affirme sans détour:

«Gérald Darmanin, l’élu de terrain, est dans la reconnaissance du réel et Dupond-Moretti, l’avocat multimillionnaire, est dans le déni, l’aveuglement idéologique et loin de la réalité des gens».

Patrice Ribeiro, août 2020

«Pour Dupond-Moretti, l’insécurité est une pure vue de l’esprit. Contrairement à Darmanin, il refuse de reconnaître qu’il n’y a jamais eu autant d’insécurité dans notre pays.»

Yves Lefebvre, août 2020

« Les policiers ne déposent même plus plainte »

Nous vous le disions il y a quelques mois, la violence gratuite n’a jamais été aussi forte qu’en 2020. Comme le rappelle Maurice Berger, toutes les deux minutes, une plainte est déposée en France. Les actes violents ne touchent plus seulement les grandes métropoles, mais aussi les communes jusque là préservées des titres des journaux. Les policiers ne déposent même plus plainte tant les agressions sont devenues quotidiennes au contact de populations où la police ne fait plus peur?

Pour le criminologue Alain Bauer parlant des chiffres de la délinquance de 2019 au Figaro,

«Les violences qui grimpent ne sont pas seulement celles liées au maintien de l’ordre. Tous les types de violence sont concernés, faisant effectivement craindre un retour à presque quarante années en arrière, en tout cas sur le terrain des homicides et des tentatives d’homicide »

Alain Bauer, janvier 2020

En cause, l’absence de réponse judiciaire à la hauteur. Si le Garde des sceaux affirme que les peines sont appliquées, la prison constitue l’exception, et les aménagements de peine la règle. Sa politique pénale, de vider les prisions et de rompre avec ce qu’il appelle le 27 août 2020, lors d’une visite à Douai, « l’habitude culturelle de la taule ». Comme le dit Yves Lefebvre: «Il faut être multirécidiviste pour être sanctionné aujourd’hui et aller en prison».

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