L’école de la république face à l’islamisme

Comme le révèle un sondage récent dans la foulée de l’ouverture du procès des attentats de Charlie Hebdo, une partie de la population musulmane française ne se reconnait ni dans nos valeurs, ni dans notre culture, ni dans notre histoire.
Pour s’en convaincre, il suffit de souligner quelques réalités particulièrement rudes. Dès 2004 et le rapport Obin, Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires (le lire), elles étaient pourtant écrites, on y parlait déjà d’un projet de «théologisation de la pédagogie» ainsi que de « nation musulmane », bien avant que l’on ne parle d’état islamique. En guise de pique de rappel, Jean-Pierre Obin a publié cette année un livre explosif sur ce sujet.


« Je te bute à la kalach »

Mais pourquoi a-t-on fermé les yeux toute cette année ? 11 ans après le rapport Obin, en janvier 2015, dans une classe d’une école élémentaire de Seine-Saint-Denis, 8 enfants sur dix refusaient de faire la minute de silence en hommage aux victimes des frères Kouachi. Ailleurs, un élève de quatrième lance à son prof, dans la même circonstance: «Je te bute à la kalach». Effrayant renversement des valeurs et pourtant presque banal.

L’hostilité aux juifs propagée dans les cours d’école a aussi pour effet de détourner les familles du 93 des écoles publiques. Comme le détaille l’essayiste et sondeur Jérôme Fourquet, en janvier 2016 «en Ile-de-France, sur une quinzaine d’années, des effectifs de populations ou de familles juives se sont effondrés dans toute une série de communes de Seine-Saint-Denis.»
Bernard Ravet, directeur du collège Versailles à Marseille mettait en garde une mère de famille israélite au sujet de l’inscription de son fils: «À peine aura-t-il baragouiné deux mots avec son accent à couper au couteau que les autres lui demanderont d’où il vient. S’il dit la vérité, il se fera laminer Les élèves de ce collège interrogés par un journaliste de RFI à cette époque sont sans ambages sur la question des juifs au collège: « Il n’y en a pas. Et s’il y en avait, ils seraient obligés de se cacher. »

« L’homme et la femme ne sont pas égaux »

Dans son livre de 2017, Principal de collège ou imam de la République? (voir les extraits dans l’Express), Bernard Ravet nous apprend qu’un élève de cinquième tient tête en expliquant à son professeur d’histoire-géographie que l’homme et la femme ne sont pas égaux, qu’il est normal de lapider une femme adultère, tout comme de couper la main d’un voleur… D’autres disent au sujet du génocide des juifs, que ces derniers « l’avaient bien cherché ». A l’époque de la sortie du livre, le syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN) minimisait ces révélations, qui selon eux « pourrait laisser penser qu’il dit tout haut ce que la majorité d’entre nous ne pourraient exprimer. Or ce n’est pas le cas. » (The Times of Israel, 29/08/2017)

La période du ramadan condense toutes les crispations et toutes les sécessions. Un élève non musulman témoigne dans le livre Racisme anti-blanc, Ne pas en parler: un déni de réalité, du sociologue Tarik Yildiz: «Pendant le ramadan, je me cachais pour manger quelque chose de peur que l’on me fasse une réflexion ou que je sois agressé d’une manière ou d’une autre». Et que dire de ces enfants qui refusent d’aller à la piscine pour ne « pas boire la tasse » et ainsi rompre le jeûne cultuel?

Aujourd’hui, l’école républicaine est désemparée devant ce phénomène de prise en main de l’institution par une force religieuse supérieure, qui supplante les enseignements, au point de faire dire en novembre 2012, au ministre de l’Éducation Nationale socialiste Vincent Peillon qu’il y a des «disciplines que l’on ne peut enseigner librement»? Mais qu’ont fait tous ces ministres successifs, de droite comme de gauche? Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe.

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