Pour l’Union Européenne, le migrant est un demandeur d’emploi comme un autre

Aujourd’hui, sept pays africains concentrent le plus de demandes d’expulsion du territoire français: l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Guinée. Il faut rappeler que chaque expulsions représente en moyenne un coût de 13.800 euros par personne (Le parisien, juin 2019).
Si le chiffre du nombre de personnes sans titre de séjour en France n’est, par nature, pas connu, le quotidien Libération l’estimait en avril 2020 à un-demi million. Très en pointe en Europe, le mouvement français réclamant la régularisation des sans-papiers a fait plusieurs grandes mobilisations, y compris durant le confinement.


Intégrer n’est pas assimiler

Du côté de la Commission européenne, appuyée par les syndicats, le patronat, les chambres de commerce, on a récemment réaffirmé le désir d’intégrer les personnes sans-papier sur le marché de l’emploi européen. Depuis le pic de la crise migratoire venant notamment de la Syrie vers Europe en 2015, la Commission a déployé des plans d’actions pour « l’intégration des ressortissants de pays tiers ».

Seraient concernées 4 millions de personnes. Le Commissaire européen à l’emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit l’a placé comme une priorité de l’Europe :

«Aider les réfugiés à s’intégrer sur le marché du travail en améliorant leurs compétences et en accédant à des emplois de qualité est primordial pour leur dignité, et c’est primordial pour la cohésion sociale de l’Europe. (…) le socle européen des droits sociaux ne fait aucune distinction d’où viennent les gens. Indépendamment du sexe, de l’origine raciale ou ethnique, de la religion ou des convictions, du handicap, de l’âge ou de l’orientation sexuelle, chacun a droit à l’égalité de traitement et de chances en matière d’emploi »

Nicolas Schmit, cité par SchengenVisaInfo.com

Dans cette vision « bisounours » des migrations, ne perdons pas de vue l’essentiel: les secteurs où l’on manque d’embauche à l’échelle de l’Europe ne sont que des niches spécialisées, les soignants, les ouvriers agricoles ou encore les métiers de l’hygiène. Et il existe en Europe, selon Eurostat, un taux de chômage (ou plus exactement de personnes cherchant activement un emploi) de 6,4% en février 2020 à 7,2% en juillet 2020, avec 15 millions de chômeurs.

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