Vaccin Pfizer, vaccin efficace ou simple coup de chapeau marketing?

Depuis l’annonce le 9 novembre 2020 par Pfizer/BioNTech d’un vaccin contre le covid-19 efficace à 90%, on a vu le sourire, certes masqué, réapparaître chez des millions de personnes à travers le monde. Une personne dont le sourire est certainement inégalé doit être celui du PDG de Pfizer, Albert Bourla, qui a vendu dès lundi pour 5,56 millions de dollars d’actions Pfizer.


Un simple communiqué de presse – ni études, ni chiffres

L’annonce qui a fait l’effet bombe repose sur un simple communiqué de presse d’environ 200 mots, pas d’études, pas de chiffres, rien que des mots. Ce nouveau vaccin est une révolution technologique, il se base sur l’ARN messager et c’est la première fois que l’on introduit du matériel génétique chez l’homme. Cependant aujourd’hui, nous en sommes en réalité encore qu’à des résultats intermédiaires (phase 3) avec une étude sur 43 538 participants, étude randomisée menée en double aveugle.

Un calendrier prévisionnel d’1,3 milliards de doses seront vendus en 2021 pour les Américains, le Japon, le Royaume Unis, l’Europe et le Canada. Il faudra bien évidemment que les conditions suivantes soient réalisées en amont : succès clinique réel et homologations.


Toutes les big pharma seront gagnantes, à plus ou moins long terme

Pour l’union Européenne, des pré-commandes envers Big-Pharma ont d’ores et déjà été enregistrées. Cependant, la Commissaire Européenne à la Santé, Stélla Kyriakídou, prévient qu’il est trop tôt pour l’instant pour établir un calendrier validé :

AstraZenaca – Société Suédo-britannique – 400 millions de doses
Johnson&Johnson – Société Américaine – 400 millions de doses
GSK&Sanofi – Société Britannico-Française – 300 millions de doses
Pfizer/BioNTech – Sociétés Américaine + Allemande – 300 millions de doses (livraison fin 2020 si essais cliniques positifs

D’autre part, des accords préliminaires avec Moderna et Curevac ont également été initiés.


Des incertitudes demeurent

1 – Combien de temps le vaccin protège -t-il?
Le professeur François Bricaire, infectiologue, membre de l’Académie de médecine :

Une des difficultés du coronavirus, est qu’il semblerait qu’il ne provoque pas une immunité durable : « Si la maladie naturelle n’est pas assez forte pour créer une immunité alors on peut craindre que le vaccin ne soit pas assez fort pour protéger contre le virus. »

De plus, avec l’arrivée de cette deuxième vague, on se rend compte que les cas de réinfections, assez rares, sont cependant plus nombreuses.

2 – 1 an au lieu de 10 ans pour créer un vaccin, est-ce possible?

En temps normal, il faut 10 ans pour développer un vaccin, ici en même pas un an, un vaccin serait disponible, c’est à la fois inouï et invraisemblable.
Le Brésil, qui a accumulé les ennuis en matière de Covid (notre article) a arrêté en urgence l’essai clinique d’un vaccin expérimental chinois après un incident grave. La Société Sinovac Biotech avec le vaccin CoronaVa est néanmoins confiante dans l’innocuité de son vaccin.

3 – Le déploiement des vaccinations : un défi pour servir le monde entier
Les vaccins devront être stockés à -80°C, et c’est là tout le problème! La Société Pfizer réfléchit depuis de nombreux mois sur les questions logistiques qu’il faudra mettre en place. Elle a par exemple déjà créé des « valises » spécifiques pour transporter 5000 vaccins. Dans les faits, ces « valises » ne pourront être ouvertes que deux fois et se conserveront uniquement 10 jours.

Les questions de transports et de conservation vont être la priorité. On parle de vaccination obligatoire, mais si le réseau de vaccination se limite à quelques gros laboratoires de recherche de CHRU équipés de congélateurs à -80°C et même si 100% des français sont d’accord pour se faire vacciner, cela semble très difficile quand on voit la difficulté à se procurer un simple vaccin contre la grippe!

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