Éric Dupond-Moretti se condamne à surveiller « chaque minute » tous les terroristes islamistes sortant de prison

Le ministre Éric Dupond-Moretti avait dû avaler une sacré couleuvre en août 2020 en voyant la Loi sur les restrictions de libertés des personnes condamnées à plus de cinq ans pour des faits en lien avec le terrorisme retoquée par le Conseil Constitutionnel (à l’article sur le suivi socio-judiciaire près) un mois plus tard.
Humiliation supplémentaire pour l’ancienne passionaria des barreaux, la gauche raille à cette occasion son changement de pied sécuritaire. Ainsi, pour Jean-Pierre Sueur, vice-président socialiste la commission des lois au Sénat: « Eric Dupond-Moretti a été bien mal inspiré de rompre avec ses propos antérieurs pour les besoins de sa nouvelle cause ministérielle.« 

« J’ai envie de sévérité, mais dans le cadre de l’État de droit, rappelle-t-il. Les lois de guerre, ce n’est pas la guerre sans loi. […] Je ne veux pas qu’on traite les terroristes comme ils nous traitent ».

Eric Dupond-Moretti, le 13/11/2020, sur LCI

2.540 détenus terroristes et radicalisés doivent être libérés entre 2018 et 2022

Nous évoquions les vagues de détenus terroristes islamistes (étant passés à l’action) et islamistes (qui peuvent catalyser des actions violentes) qui sortiront de nos prisons dans les mois et les années à venir, et le risque qu’ils représentent pour la société française. Il faut savoir qu’aujourd’hui, il y a 504 personnes purgeant une peine pour terrorisme, une immense majorité étant de nature islamiste.
Au sujet de ces individus, Eric Dupont-Moretti a basculé dans le monde de Minority Report, du nom de ce livre de Philip K. Dick, où une cellule de « précrime » intervient avec qu’un acte violent ne se déroule: « Ils ne seront pas laissés une minute sans surveillance, il faut que les Français le sachent » avec une double surveillance « judiciaire et policière« .


Un taux de récidive énorme

Car derrière le chiffre des djihadistes partis combattre avec l’Etat Islamique, le taux de récidive est énorme, comme le disait le procureur François Molins cet été au Figaro: « Les chiffres faisaient état de plus de 60% de gens qui remettaient ça, donc je pense qu’il faut être inquiets ». Une étude du think tank Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) détaille ces chiffres: 72% de ceux qui ont séjourné en Afghanistan ont récidivé, 39% pour la Bosnie et 100% pour l’Irak. Et même s’ils ne récidivent pas, ils peuvent servir de relais idéologiques.

Et de fait, on sait que la radicalisation se produit en prison. Concernant les 21 détenus de droit commun radicalisés (il y en aurait 572 en tout), qui vont sortir d’ici un an , ils vont eux, être surveillés de « façon attentive« . Un cran en-dessous, croit-on comprendre…

L’opposition LR, dont toutes les propositions en matière de terrorisme ont été balayées par la majorité d’Emmanuel Macron, qualifie l’attitude du Garde des Seaux dans ce dossier qui met en jeu la vie des français de « terrible » et « obstinée ».


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