Gérald Darmanin souhaite réorganiser la police: est-ce la solution contre la radicalisation?

Après un an de discussion entre le gouvernement, la police, la gendarmerie, les syndicats, les conclusions de ces réflexions seront présentées ces prochains jours à travers le livre blanc de la sécurité. Trois axes principaux y seront développés : la réorganisation de la police, une meilleure répartition entre la gendarmerie et la police sur le plan national et la modernisation de la police. Parler réorganisation alors que les attentats se multiplient (Nice, Conflans St Honorine…), que les expulsions promises n’ont pas lieues (voir article) : et que les radicalisés sortent de prison à toute vitesse sans aucun suivi, est-ce une bonne stratégie?


Pour pallier à l’absence d’embauches de policiers, le Ministre de l’Intérieur réorganise…

De manière schématique, la gendarmerie travaille en secteur rural et la police en milieu urbain et actuellement la répartition est attribuée en fonction du nombre d’habitants dans une ville. Les agglomérations gagnent du terrain et l’on aboutit à des aberrations entre la répartition du travail de la police et de la gendarmerie avec quelquefois la gendarmerie qui évolue en milieu urbain. Le Ministre de l’Intérieur propose une nouvelle organisation pour gagner en efficacité. Qui s’occupera donc de la délinquance qui est certes urbaine et qui s’étend bien souvent à la ruralité et qui nécessite des forces présentes H24?

Gérald Darmanin souhaite un travail davantage en étroites relations entre ces deux forces notamment dans des domaines tels que «le maintien de l’ordre»«la police technique et scientifique (PTS) ou le Cyber». On le sait pertinnement, ces deux forces travaillent totalement différemment et la coopération est souvent difficile notamment dans le travail pour la surveillance des frontières.


Pour la police : une «direction départementale unique dans chaque département»

Loin d’être une nouveauté, cette structure existait déjà dans les années 1990 et a montré ses failles. Cette expérimentation d’un an qui sera mise en place dès le mois de janvier 2020, aura sous ses ordres «la sécurité publique, la police aux frontières et la police judiciaire». Les premiers essais se dérouleront dans un premier temps dans 3 départements.

Trois départements tests pour cette nouvelle organisation :
– le Pas-de-Calais
– la Savoie
– les Pyrénées-Orientales

Deux de ces départements connaissent des difficultés liées à l’immigration dû à leur position frontalière et en cas de réussite cette nouvelle organisation s’appliquera à la france entière. Un an, est-ce suffisant pour mesurer l’impact d’une nouvelle organisation?


Cette modernisation facilitera t-elle le retour dans la pays d’origine des étrangers en situation irrégulière et radicalisés, et la mise en place d’une sécurité tant attendue?

En quoi une réorganisation et non une augmentation de l’effectif des forces de l’ordre permettra t-elle à elle seule de garantir la sécurité, de raccompagner les étrangers dans leurs pays d’origine, de suivre les multirécidivistes, de faire face aux gilets jaunes et aux faits divers en constante augmentation avec une violence envers les policiers et gendarmes de plus en plus spectaculaire?

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