Vaccin Pfizer/Biontech: et si le Professeur Eric Caumes avait raison?

Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris, scientifique très respecté, particulièrement objectif dans ses propos, s’est quelque peu emballé sur les plateaux télé cette semaine et c’est très probablement à juste titre. Son opinion au sujet du vaccin de chez Pfizer/BioNtech contre la covid-19 (à base d’ARNm) est sans appel. Il doute de l’efficacité, des effets secondaires anormalement élevés par rapport aux vaccins traditionnels et cela amplifie la polémique sur la méfiance des Français face aux vaccins.


Il y a l’étude et l’analyse de l’étude

Le 10 décembre, le New England Journal of Medicine publie une étude sur le vaccin Pfizer/BioNTech. Il s’agit en effet d’un :
Essai randomisé en double aveugle avec placebo :
43 448 candidats âgés de 16 à 89 ans dans 6 pays
suivi d’un peu moins de 2 mois après la deuxième injection
– 21.720 ont reçu le vaccin dit « BNT162b2
– 21.728 ont reçu un placebo

Aux yeux du scientifique, il faut être vigilant avec cette nouvelle forme de vaccin pour laquelle nous avons à ce jour que très peu de recul: 2 mois de recul, il en faudrait au moins 6 pour observer les effets secondaires sur le long terme. Il recommande néanmoins la vaccination chez les patients âgés. La Grande Bretagne, un des pays les plus durement touché par la Covid-19 a, a commencé sa campagne de vaccination avec Pfizer/BioNtech dès le 10 décembre 2020 et on a déjà pu constater que l’utilisation de ce vaccin chez les personnes allergiques est à proscrire.

« Je n’ai jamais vu autant d’effets indésirables dans un vaccin. Il y a peut-être un problème. On fait une confiance aveugle aux industriels. On est dans une dérive commerciale. Moi, je dis la vérité aux gens car je crains que cela se passe mal avec les vaccins »

Eric Caumes – 8 décembre 2020

Pour rappel, les effets secondaires suivants sont observés avec le vaccin Pfizer/bioNtech:
– 62,9% de fatigue
– 55,1% de maux de tête
– 38,3% de douleurs musculaires
– 14,2% de fièvre


L’agence Européenne du Médicament : « Nous ne pouvons pas garantir un avis favorable »

La Directrice de l’Agence européenne des médicaments (EMA), Emer Cooke, indique que malgré des résultats très prometteurs avec 95% d’efficacité, « Nous ne pouvons pas garantir un avis favorable », l’autorisation de l’utilisation du vaccin sera peut-être donnée le 29 décembre 2020 pour le vaccin Pfizer et le 12 janvier 2021 pour le vaccin Moderna.


Sur le Vidal, « l’étude ne permet pas de confirmer l’efficacité contre les formes graves du Covid-19« 

Les avis en faveur du Professeur Eric Caumes convergent. Sur le Vidal, nous pouvons lire les conclusions suivantes au sujet du vaccin Pfizer/BioNtech :

Les résultats présentés ne peuvent pas confirmer l’efficacité de ce vaccin contre les formes graves de COVID-19ni contre les formes asymptomatiquesni chez les personnes de plus de 75 ans.

Or, c’est particulièrement cette population qui nécessite le plus de soins hospitaliers, le plus de lits en réanimation et pour laquelle la mortalité est la plus élevée.

Enfin, de nombreuses questions restent en suspens, même si c’est grâce à la pandémie que des vaccins ont pu être développés si rapidement :
– la durée de l’immunité?
– la protection des personnes les plus à risque de formes sévères?
– l’impact sur la transmission du virus par les personnes vaccinées?
– la toxicité à long terme?
les effets indésirables rares et graves?

Si le gouvernement suit son plan de vaccination prévue dès le mois de janvier 2021, les études se poursuivront en temps réel car seul le temps permettra de répondre à ces questions.
Face à ces nombreuses interrogations, il est tout à fait légitime qu’un spécialiste des maladies infectieuses, Eric Caumes, soit sceptique sur l’arrivée de nouveaux vaccins et nous avertisse des conséquences éventuelles à prescrire ces vaccins les yeux fermés.

Au niveau mondial, les 4 géants des vaccins sont : GSK, Merck, Pfizer et Sanofi. Il faudra attendre fin 2021 pour voir l’arrivée du vaccin de GSK/Sanofi (à ce jour les résultats de phase 2 et phase 3 ne sont pas à la hauteur des espérances).
Enfin, L’Institut Pasteur travaille toujours sur 3 vaccins avec pour l’un d’entre eux l’utilisation du vaccin contre rougeole comme vecteur.
Avec le recul, chaque population cible trouvera probablement son vaccin idéal!


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