Dans une enquête de l’IFOP, 1 enseignant sur 5 a constaté des désapprobations lors de l’hommage à Samuel paty

La liberté d’enseigner s’est considérablement réduite en France en deux ans, selon une enquête en ligne de l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Charlie Hebdo en décembre 2020 publiée aujourd’hui portant sur plus de 800 professeurs. Dans les collèges et lycées de France, ces derniers rasent très souvent les murs dès qu’il s’agit de religion (je vous laisse deviner laquelle en particulier) dans leurs propres classes.


Des cours « adaptés » afin de ne pas être « contestés »

49% des enseignants se sont déjà auto-censurés lorsqu’il s’agit de questions religieuses, soit une hausse spectaculaire de 13 points en trois ans. Les difficultés se concentrent dans les Zones d’Education Prioritaires et les Réseaux d’Éducation Prioritaire. Les cours sont eux-mêmes déjà adaptés pour tenter de ne pas heurter la susceptibilité de certaines communautés (je vous laisse deviner laquelle en particulier).

«Les contestations en histoire-géographie, lettres ou philosophie sont connues et documentées depuis une vingtaine d’années maintenant et de nombreuses formations ont, et sont toujours, dispensées pour apprendre à aborder les enseignements de manière à ne pas prêter le flanc à des contestations tout en ne lâchant rien sur le fond. Une vision optimiste pousserait à penser que la formation porterait ses fruits»

Iannis Roder, directeur de l’Observatoire de l’éducation de la Fondation Jean-Jaurès

Optimiste ou pas, les chiffres parlent d’eux-même, les contestations du contenu des cours concerne surtout les cours d’éducation physique et sportive (+14 points par rapport à 2018), les cours sur la laïcité (+12 points), ainsi que les cours de sciences (+6 points)


Un enseignant sur 5 remonte des incidents lors de l’hommage à Samuel Paty

Une manière pour eux de ne pas mettre d’huile sur le feu seulement trois mois après la décapitation de Samuel Paty? Car 9% des professeurs pensent que Samuel Paty a eu tort de parler des caricatures du Prophète et 16% s’abstiennent de se prononcer (ce qui revient au même).

Car ils ont pu observer, pour presque un enseignant sur cinq, des signes d’hostilité ou de moquerie lors de l’hommage au professeur d’Histoire-Géographie décapité. On est très, mais alors très loin, des 800 incidents recensés par l’Education Nationale.

Sur ce thème : L’école de la République face à l’islamisme / Le silence gêné des profs

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