Mur des Cons: La présidente du syndicat de la magistrature condamnée en cassation pour « injure publique »

A l’époque, en avril 2013, la présidente du Syndicat de ma Magistrature (SM), François Martres, avait parlé d’un « défouloir » sur un mode « potache ». Voilà une soi-disant « blague » qui vaut à sa principale responsable une cinglant rappel à la réalité.

Suite à sa mise en examen, celle-ci déclarait au sujet de savoir qui avait dressé le « Mur des cons » (NB: qui était en place avant sa présidence) révélé par un journaliste de France 3: «Je n’ai pas à vous répondre, vous n’avez qu’à chercher vous-mêmes». Et de se victimiser par Presse interposée :

« Le Syndicat de la Magistrature est un syndicat de gauche alors certains ne le supportent pas mais cela n’a rien à voir ensuite avec notre impartialité.”

Françoise Martres, en 2013.

Trois pourvois sur la forme balayés par l’Instruction

Suite à sa première condamnation, la présidente du Syndicat de la Magistrature a formé 3 pourvois en appel. En première instance, le tribunal avait été d’une sévérité tranchante en parlant en décembre 2019 d’actes «inconcevable(s) de la part de magistrats».

Aujourd’hui ses trois pourvois ont tous été rejetés. Françoise Martres, la présidente du Syndicat de la Magistrature, a été condamnée au terme d’une longue procédure judiciaire pour « injure publique » dans l’affaire du « Mur des cons », du nom du panneau où ont été affiché le Président Sarkozy, un certain nombre d’hommes politiques, majoritairement de droite, des journalistes, des personnalités de la Justice, et bien plus choquant encore, des parents de victimes.


Les pères de jeunes victimes réhabilités

Parmi ceux-ci, on peut citer, Jean-Pierre Escarfail, président d’une association de victimes de crimes sexuels. Sa fille de 19 ans, Pascale Escarfail, avait été assassinée en 1991 de 3 coups de couteau à la gorge en 1991 par le tueur en série Guy Georges.
Il y a également l’ancien général Philippe Schmitt, dont la fille Anne-Lorraine, 23 ans, a subi 34 coups de couteau en 2007 dans le RER D, et auquel François Martres devra verser 5.000 euros de dommages et intérêts. Il se dit aujourd’hui soulagé :

« Cet épisode pathétique se termine après sept ans d’une procédure, qui a fait perdre du temps à la Justice . Je pousse un grand ouf ! « 

Philippe Schmitt, Actu.fr, 12/01/2021

Au total, Françoise Martres était visée par quinze plaintes. Elle a présentée quelques excuses « tardives » – selon l’expression du procureur – aux parents de victimes. Au moins une des personnalités politiques qui avait été écartée lors du procès en première instance par le tribunal correctionnel a obtenu gain de cause, à savoir Robert Ménard, et le Rassemblement National (Front National à l’époque), auquel la présidente du SM versera 2.500 euros (au lieu de l’euro symbolique de dommages et intérêt de l’appel).

Il ne reste plus que la Justice européenne comme ultime recours pour que la condamnation ne puisse être définitive, ce que l’avocat de Françoise Martres envisageait avant le procès, « Cette affaire pose tellement de questions compliquées en droit de la presse qu’il faut manifestement aller jusqu’à (…) éventuellement la Cour européenne, pour pouvoir trancher » (Le JDD, 01/12/2020).

Un commentaire

  1. j’observe que la condamnation équivaut à rien du tout, même si on ne peut évaluer la grande blessure que représente le crime d’un enfant, la Martres n’est même pas dégradée……… je trouve cela hallucinant !

Laisser un commentaire