Agnès Verdier-Molinié: Les finances publiques de la France sont en danger

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, tous les jours depuis un an, la France emprunte 1 milliard d’euros tous les jours (soit 700.000€ chaque minute) auprès de la sphère financière, des épargnants et de la Banque centrale européenne. Rien que la « dette Covid » atteint à cette heure la somme astronomique de 270 milliards d’euros. Et si la dette ‘officielle’ de la France atteint les 120 % du PIB, elle pourrait même être plus élevées, si on y ajoute les 4.000 milliards de dettes hors bilan.


Plus de 120% de dette publique

La dette française est une « bombe à retardement » qui va finir par nous exploser au visage. Avec des conséquences terribles, y compris sur la crédibilité française (NDLR: on parle de « signature française ») vis-à-vis du monde économique (si les investisseurs financiers n’ont plus d’intérêt pour la France, cela sera pour très longtemps), mais plus prosaïquement, payer les pensions de retraite, ni les salaires des fonctionnaires.

C’est le constat d’Agnès Verdier-Molinié, directrice générale de la Fondation Ifrap, interviewé dans le Figaro. Elle chiffre dans son dernier livre, La France peut-elle tenir encore longtemps?, (Albin Michel, 2021), à 84 milliards d’euros par an le coût de la sur-administration de notre pays.

Ce qui nous attend d’ici un an ou deux, c’est que les Etats de la zone euro les plus vertueux sur le plan des comptes publics (Allemagne, Autriche et Pays-Bas) n’accepteront plus de jouer le jeu des renflouages par la Banque Centrale Européenne des Etats les plus dispendieux (qu’on qualifie régulièrement de l’Europe du Club Med) et duquel la France se rapproche inexorablement. Ce qui précipiterait une crise des dettes souveraines.


L’argent magique n’existe pas !

Pour ce faire, et comme nous allons devoir emprunter toujours autant dans les deux années à venir au moins, il faut absolument se réformer et faire maigrir l’Etat au lieu d’augmenter les rangs des fonctionnaires comme le fait Emmanuel Macron (+ 129.000 agents publics). Et ces fonctionnaires, on les a plus payé pour ne pas travailler, à l’image de ces 15.400 bureaux de Poste fermés pendant le premier confinement, ou ces 40 % des effectifs de la fonction publique d’État payés à 100 % tout en restant chez eux sans travailler via «l’autorisation spéciale d’absence» (ASA).


L’épargne des français, dernier fond de caisse pour l’Etat?

En manque d’argent frais, et avec l’échéance de l’élection présidentielle en approche, les idées de taxation (des plus riches ou des épargnants) vont certainement fleurir. Or, la France est déjà la championne du monde des prélèvements obligatoires.

Selon un récent sondage, 78% des Français pensent que la France est en déclin, et, méfiant face à l’avenir, leur taux d’épargne, qui s’est accru de 100 milliards d’euros pendant la période du Covid, s’établi désormais à 28%, soit le plus haut niveau observé en France depuis 1950. Or, c’est vers les contrats d’assurance vie (1.800 milliards d’euros) et « l’argent dormant » sur les comptes bancaires que le gouvernement rêve de ponctionner.


Une leçon de la crise: plus d’argent pour moins d’efficacité

La crise du Covid a mis en lumière que notre administration jacobine pléthorique fonctionnait comme des les soutes étanches du Titanic, elles se remplissaient les unes les autres sans communiquer les unes avec les autres pour aboutir à des fiascos inadmissibles avec autant d’argent dépensé par ailleurs, comme celui des masques, par exemple. Avec pas moins de 11.000 personnes au Ministère de la Santé, soit plus que que dans n’importe quel pays de taille comparable, nous sommes incapables de gérer correctement la logistique du vaccin et devoir appeler des cabinets de conseil étrangers à prix d’or.

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