Le gouvernement veut revenir sur l’interdiction du vote différé aux présidentielles par calcul politicien

Les macronistes commenceraient-ils à paniquer à l’approche de la présidentielle pour leur champion? En tous cas, un amendement passé discrètement (en dernière minute) dans la nuit à la faveur de l’examen du projet de Loi organique relatif à l’élection du Président de la république.
Cet amendement, à l’initiative du gouvernement, prévoit que l’on mette en œuvre les « machines à voter » en préfecture pour les élections présidentielles dans un vote anticipé jusqu’à une semaine avant. Et, bizarrerie supplémentaire, pour cette élection seule.


Un revirement à 180°

Or, si l’on remonte l’histoire, on apprend que le gouvernement avait conclu avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations un moratoire pour les machines à voter… en raison des risques de fraude. Et voilà donc que le sublime Christophe Castaner agite le chiffon rouge de l’abstention pour tenter d’imposer cette mesure! Un calcul dossier dénoncé par les sénateurs LR, dont Alain Houpert (vidéo ci-dessous), qui ont rejeté cet amendement d’ores et déjà.

Le socialiste Bernard Cazeneuve, de son côté, ironise :

« On pourrait aussi dépouiller à mesure que les citoyens votent pour gagner du temps et proclamer vite les résultats« .

Bernard Cazeneuve, cité par Le Figaro, 17/02/2021

Le vote par anticipation, qui n’est utilisé que pour le vote des sénateurs représentant les français de l’étranger, pose des problèmes de constitutionnalité et d’égalité devant le vote.
pour le spécialiste du droit constitutionnel Jean-Philippe Derosier :

« Ces électeurs ne voteront pas au même moment et donc ne disposeront pas des mêmes éléments d’information dans le cadre d’une campagne électorale que les autres électeurs« .

Jean-Philippe Derosier, sur FranceInfo, le 17/02/2021

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