C’est une enquête qui converge avec toutes celles qui décrivent un décrochage des jeunes, et notamment des musulmans vis-à-vis de la Laïcité. On peut y lire également une américanisation de la société. Il s’agit d’un sondage ordonné par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) dans laquelle l’IFOP a interrogé plus de 1.000 lycéens.
Le voile islamique, nouvelle norme dans certains quartiers
Ses conclusions sont éloquentes: 52 % des lycéens sont favorables au port de signes ostensibles religieux dans leurs établissements (contrairement à la Loi de 2004) et dans les sorties scolaires et 49% pour le même droit pour les enseignants. Autre chiffre révélateur après l’affaire Mila: 52% dénient le droit de critiquer une croyance, un symbole ou un dogme religieux. 48 % des lycéens musulmans estiment que Samuel Paty* a eu tort de montrer les caricatures de Charlie.
« C’est la victoire d’une vision anglo-saxonne ou même islamiste des choses. La religion n’est plus perçue comme un corpus de valeurs auxquelles on croit, mais comme consubstantielle de l’identité.»
François Kraus, directeur du pôle « Politique et Actualités » de l’Ifop, dans Le Point
Victimisation des musulmans
Pour 37% des lycéens et 81% des musulmans, les lois sur la Laïcité sont jugées discriminatoires vis-à-vis des musulmans.
Au sein des lycéens qui se déclarent musulmans, les chiffres sont encore plus élevés. Et ils imprègnent les autres élèves des lycéens de zone prioritaires. Toujours dans Le Point, on peut lire:
« Même si on n’est pas musulmans, on est solidaire des causes et du droit des jeunes à afficher leurs traits culturels et identitaires. (…) Compte tenu du poids croissant des musulmans en France, et de la réticence de cette jeunesse à l’égard des dispositifs législatifs actuels, on ne peut que se poser la question de la pérennité de la loi de 2004 sur l’interdiction à l’école des signes religieux ostentatoires, « qui pourrait n’avoir plus, demain, d’assise politique suffisante pour se maintenir en l’état ».
Anne Muxel et Olivier Galland, dans leur Ouvrage collectif « La Tentation radicale, Enquête auprès des lycéens », 2018
L’influence d’un rappeur comme Médine qui dit « Je veux déposséder la laïcité des démons qui lui font dire des choses qu’elle ne dit pas » (Médiapart, 1er Mars 2021) n’est pas neutre dans toute cette histoire d’un effondrement.
Dans le cas du blasphème, l’opposition au blasphème s’élève à 78%. Sur l’ensemble des jeunes gens, 10% des jeunes interrogés se disent indifférents aux victimes des attentats de 2015, en hausse de 6 points par rapport à la même question en 2016.





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