Crise sanitaire: Le sénateur Pierre Charon s’interroge sur le coût exorbitant et la nature des conseils tous les 15 jours de 7 cabinets privés

Le sénateur Les Républicains et Président de la Commission Spéciale du Contrôle des Comptes et de l’Évaluation Interne du Sénat, Pierre Charon, s’interroge publiquement sur les coûteux consultants privés et la nature d leurs conseils auprès du Ministère de la Santé. (NDLR: Nos articles – 4 cabinets privésLa genèse). Il attire l’attention d’Olivier Véran sur les conditions dans lesquelles le ministère des solidarités et de la santé a eu recours à des cabinets de conseil depuis le début de la crise sanitaire.


28 commandes en 10 mois pour 11,35 millions d’euros

Le rapporteur spécial de l’Assemblée Nationale chargé des crédits de la mission Santé du budget de l’État vient d’effectuer un contrôle sur ces dépenses.

Il constate que du 12 mars 2020 au 9 février 2021, 28 commandes ont été notifiées à 7 cabinets de conseil (Accenture, CGI, Citwell, Deloitte, JLL, McKinsey et Roland Berger) par le ministère des solidarités et de la santé ou par la cellule de coordination inter-ministérielle logistique pour un montant prévisionnel de 11,35 millions d’euros (NDLR : En moyenne cela fait 40.5357,14 euros par commande).


Des commandes d’études toutes les 2 semaines

Dans sa communication, le rapporteur note « qu’à côté des achats effectués par le ministère des solidarités et de la santé, d’autres commandes ont été effectuées à des cabinets de conseil par Santé publique France pour un montant inconnu à ce jour ».

Le rapporteur « s’étonne de la fréquence de ces achats de prestation de consulting : vingt-huit commandes en 10 mois, cela fait plus d’une commande toutes les deux semaines ».


Une prestation de communication hautement contestable

Plus grave, le rapporteur s’interroge sur la légitimité de certaines prestations qui semblent contestables. Il prend l’exemple d’une prestation qui a prévu un «appui en réponse aux questions parlementaires et de la Cour des comptes» comme si les fonctionnaires du ministère n’étaient plus en mesure d’y répondre !


L’incroyable opacité de Santé Publique France

Le recours à ces conseils soulève de légitimes interrogations qui révèlent certaines faiblesses dans l’organisation du travail de l’administration et la mobilisation de ses propres expertises. Il y a quelques années la Cour des comptes s’inquiétait de cette pratique du recours croissant aux cabinets de conseil qui s’inscrit dans une tendance plus profonde dont il conviendrait de mesurer le coût global, la pertinence et les contraintes, notamment en terme de prévention des conflits d’intérêt.


Pourquoi les fonctionnaires de la rue de Ségur n’ont-ils pas été sollicités?

Pierre Charon demande au Gouvernement quels sont le contenu et le coût de ces contrats de conseil dans le cadre de la crise du Covid y compris ceux effectués par Santé publique France et lui demande pourquoi il n’a pas mobilisé les nombreuses compétences dont l’État dispose en son sein.

Un commentaire

  1. Ce qui montre clairement que nous n’avons plus personne à la tête de l’exécutif et du décisionnaire.

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