La réalisatrice d’un docu-fiction d’Arte sur un accident nucléaire imaginaire se retire du projet devant un montage « bête et larmoyant »

C’est inouï: Myriam Tonelotto, la réalisatrice d’un documentaire-fiction intitulé « An Zéro: comment le Luxembourg a disparu » sur un accident nucléaire près de la frontière luxembourgeoise, se désolidarise de son propre film, au motif qu’il a subi un montage outrancier et mensonger de la part d’Arte et de la NDR (Norddeutscher Rundfunk, chaîne régionale de Hambourg et coproductrice de la fiction).

Une « mascarade » selon la réalisatrice

Le but de ce montage fait à son insu? Evacuer tous les propos nuancés pour ne conserver que les témoignages les plus alarmistes et les plus partisans anti-nucléaire.
Il y avait pourtant matière à faire quelque chose d’équilibré, avec des dizaines d’heures d’interviews de 35 personnalités, scientifiques, associatifs ou politiques. Et qu’on puisse rappeler, que, depuis l’accident nucléaire de Fukushima, on n’a pas constaté de hausse de cancers de la thyroïde, dans la population exposée. Et que les morts au Japon sont venus de la fuite anarchique des populations du lieu de l’explosion (de l’ordre de 2400 morts), plutôt que de radiations. Mais trop de finesse tue la finesse, semble-t-il.

C’est cet angle de défense qu’a choisi la productrice de NDR/Arte:

« Face à cette surabondance de matériel, il était prévisible que certaines personnes n’interviennent que brièvement, ou, malheureusement, pas du tout. »

Claudia Cellarius, productrice chez NDR/Arte, citée par L’Express

Au final, le résultat est selon l’ex-réalisatrice est le contraire de ce qu’elle souhaitait au départ, c’est-à-dire un « film anti-nucléaire, catastrophiste, bête et larmoyant de plus ». Bête et larmoyant, voilà bien les deux travers de notre service public audiovisuel. Myriam Tonelotto a l’intention de publier la version non censurée de son film gratuitement sur les réseaux sociaux.

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