(Fiche de lecture) Le Premier Sexe (2006) d’Éric Zemmour ou la féminisation de la société

Le constat de Zemmour dans Le Premier sexe, c’est que depuis les années soixante, l’homme occidental s’est dévirilisé, il s’est féminisé, entraînant la société avec lui.
L’égalité des sexes que l’on prône tant est un leurre; ce n’est pas tant la place de la femme qui s’impose dans nos Sociétés occidentales, ce sont les valeurs qu’elle représente habituellement : la douceur, la paix, l’écoute, la précaution, la tolérance.

L’homme, le vrai, devrait être conquérant, macho, dévergondé. Il est devenu un homme qui s’épile (1 sur 5), porte des bijoux, vit en couple, rêve du grand amour, bref, une vraie femme.

Les féministes, au nom de l’égalité des sexes, veulent définir des êtres tellement égaux qu’ils deviennent des jumeaux parfaitement identiques et interchangeables. A leurs yeux, hommes et femmes sont les mêmes. Pendant combien de temps l’homme va-t-il encore se soumettre ?
C’est à lui de se re-dévoiler.


Chapitre 1 – Les garçons sont élevés par des mères célibataires

Comment expliquer cette dévirilisation ?  
Du féminisme post-soixante-huitard a émergé le concept de macho : un puissant outil pour culpabiliser les hommes.
Fini les joueurs de foot à l’ancienne (Platini, Rocheteau, Zidane) accompagnés de femmes charmantes et en retrait; la mondialisation du foot les a transformés en produit marketing, ils sont en couple avec des mannequins (Beckham, Karembeu, Ronaldo) et leur image répond aux critères des magazines en papier glacé: lisse ! Dans ces journaux, on voit uniquement des métrosexuels ou des femmes sportives, nouveaux canons de la beauté.

Même configuration dans les hautes sphères du pouvoir. Il faut remonter dans le temps pour observer des Présidents virils.
Les chauffeurs de taxi respectifs de Jacques Chirac et François Mitterrand, diront d’eux qu’ils collectionnaient « une femme chaque soir devant l’Elysée ».
On se souvient du toast que portait Chirac devant ses amis: « A nos femmes, à nos chevaux, et à ceux qui les montent », ou encore de Jean-Marie Le Pen citant un médecin de l’Antiquité: « Post coïtum animal triste. »
A contrario, François Hollande, surnommé « Guimauve le conquérant », sans cesse en quête consensuelle a toutes les qualités d’une femme ou encore Edouard Balladur, trop inhibé pour tuer…

Les femmes en politiques adoucissent l’image trop virile de l’homme politique (ex : Marine Le Pen avec son père, Cécilia avec Nicolas Sarkozy).
Les quelques femmes à la tête de sociétés importantes appliquent un management féminin fait d’écoute, de concertation, de dialogue. Ce que Zemmour nomme le maternalisme.

Et pour les papas d’un nouveau genre, qui jouent à la maman : biberons, couches, ballades au parc, si par « malheur », ils sont sur le point de « baiser avec une inconnue », ils renonceront et invoqueront la dé raisonnabilité « d’une aventure sans lendemain ».


Chapitre 2 – « Le patriarcat, c’est de se forger en dehors de la mère, le matriarcat, c’est la transparence, la fusion placentaire, la mise à mort de tous les secrets »

La littérature regorge d’hommes coureurs: Casanova aux bordels, les parties fines avec le Duc de Bemis (le Comte de Paris serait le fils du Duc de Bernis – et cette fameuse blague : « où est le Duc ? », « Il court à sa Guise » (Duchesse de Guise), Flaubert et les prostituées orientales (la prostituée relève du sacré et la bourgeoisie dévoile son vrai visage), Maupassant qui amenait un huissier aux bordels, Baudelaire également avec des prostituées créoles.

Chez les politiques, Dominique Ambiel, conseiller en communication de Jean-Pierre Raffarin écopera de 1 500 euros d’amende pour « sollicitation de prostituée mineure » avec une prostituée roumaine de 17 ans. Aux Etats-Unis, mentionnons aussi John Fitzgerald Kennedy, séducteur et libertin et Bill Clinton qui doit s’excuser en public pour des fellations dans son bureau ovale.
Face à ses comportements, le discours moralisateur condamne ces hommes.

Jadis, c’étaient les proxénètes et les prostituées qui étaient stigmatisés, aujourd’hui, c’est le client qui sera soigné en Suède, rééduqué en Chine, photographié et dénoncé sur internet à Chicago ou montré du doigt dans la « Campagne de la honte » à Oakland.

Autrefois, les hommes baisaient les prostituées et respectaient leur femme, aujourd’hui, ils sont castrés et préfèrent fuir
La prostitution n’est plus condamnée au nom de la morale mais au nom de la condition des femmes et de l’amour. L’homme n’a pas le droit à une relation sexuelle si elle n’est pas sanctifiée par l’amour.

La femme ne doit pas être un objet de désir. Dès l’école maternelle, la maman du petit garçon voudra connaître l’amoureuse de son enfant. Même lors de jeux ou de pure amitié, la maman inculquera à son garçon la notion d’amour alors qu’il n’aura que 2 ans…et dès lors, les notions de désir, de sexe, d’amour, d’amitié seront confondues. Avec un père puissant et autoritaire, les fils copiaient naturellement ce même modèle. Aujourd’hui, soit le père est absent, soit il est dévirilisé donc également absent.

Phénomène intrigant, alors que la femme travaille, elle demande davantage le divorce quand son mari est au chômage : les femmes veulent inconsciemment un homme viril, protecteur, intelligent et aujourd’hui riche !

La pornographie et l’échangisme dans une moindre mesure, sont des endroits où l’homme ressent une virilité virtuelle qui lui sont interdites dans la vraie vie.


Chapitre 3 – Du héros à l’anti-héros


Depuis la fin de la première guerre mondiale et la modernisation de la Société, l’homme viril avec sa force physique ne trouve plus sa place. On passe du héros à l’anti-héros.
L’homme s’occupe alors des enfants, comme une mère, d’ailleurs, 38 % des hommes voudraient être enceints si la technologie le permettait.

Sous Louis XV, la société se féminise avec Madame de Pompadour (maîtresse du roi) ou encore Madame de Maintenon qui toutes deux influenceront la vie politique de la France. Molière parlera alors de femmes savantes ou de précieuses ridicules (elles préféraient le livre au lit) et Rousseau protestera pour des femmes qui doivent « retourner à leur état de nature ».

Sous le Directoire ou encore plus récemment, les femmes ont tenté de se transformer en hommes : elles passaient d’un amant à l’autre, elles se mariaient et divorçaient aussi vite. Elles ont revendiqué l’adultère mais aujourd’hui, elles lui préfèrent la valeur du couple même s’il est éphémère.
Ainsi, les femmes transforment les hommes en femmes faute de n’avoir réussi à se transformer en homme.

La religion catholique s’inscrit dans une sacralisation totale, la monogamie et l’interdiction de tout érotisme.


Chapitre 4 – La paternité est une invention sociale

Margaret Mead, ethnologue américaine, montre que la paternité est une « invention sociale » diffusée dans le monde entier alors que chez les primates, « le mâle ne pourvoit pas à l’alimentation de la femelle, c’est la femme qui se débrouille seule »

Les femmes « sont plus exigeantes. Elles rêvent toujours du prince charmant, même si elles le nient. Surtout si elles le nient. Les plus fines découvrent, mais un peu tard, que rencontre après rencontre, histoire après histoire, c’est toujours la même chose, les mêmes désillusions, les mêmes contraintes. ».

Les hommes sont guidés par le plaisir sexuel et c’est cette dualité qui provoque le divorce. Dans les sociétés matriarcales, les femmes étaient confinées à la maison et le divorce était interdit. Avec l’émancipation de la femme, la femme reproche à l’homme ce dont elle croit s’être elle-même libérée.

La baisse de la natalité fait craindre à Eric Zemmour « la disparition programmée des peuples européens ». Qu’il se rassure, l’immigration connue depuis l’écriture de son livre s’en est largement occupée ! C’est une immigration avec des arabes ou black non féminisés et virils, détestés des féministes et en même temps jalousés par ces mêmes personnes.

Les hommes arabes voilent leur femme ou leur imposent des vêtements de garçon pour mieux les dominer. Cela participe du « surjeu » de la virilité.


Chapitre 5 – Émancipation de la femme ou esclavage

Les femmes travaillent, certes, mais leur travail est précaire (80% des salaires inférieurs au SMIC sont pour elles) et à diplômes égaux, le delta des salaires est de 6%.
Les postes de pouvoir, pour l’essentiel, elles n’y ont pas accès. Le pouvoir, la décision sont associés à l’homme. Pour l’essentiel, elles ont le travail dont les hommes ne veulent pas.

A ce jour, les femmes rétropédaleraient et seraient à nouveau prêtes à une différenciation des êtres mais, il faut savoir sur quel pied elles veulent danser ?


Conclusion

En lisant ce livre, on ressent la nostalgie d’Éric Zemmour, nostalgie d’une époque où les hommes collectionnaient maîtresses et prostituées et réussissaient à maintenir l’unité de familiale. L’homme serait-il vraiment incapable d’aimer, serait-ce seulement le propre de la femme ?

La mode et le monde répond aux fantasmes des créateurs homosexuels qui désirent des corps androgynes. Ainsi les mannequins n’ont pas de seins, sont très grandes, sans forme et obéissent aux critères « porte manteaux ». Pire, les homosexuels sont devenus les maîtres à penser, ils apprennent aux hétérosexuels comment se comporter avec les femmes, eux qui les comprennent mieux que quiconque. Or, l’homme de la rue, préfère les Jennifer Lopez, Sophie Marceau, Monica Belluci, Laeticia Casta… Où sont passés les Gabin, Belmondo, Delon ?

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