(Fiche de lecture) Olivier Marleix, Les liquidateurs (1/2) Macron détricote notre industrie pour habiller son idéologie

Nous vous présentons, en plusieurs parties, le livre du député LR Olivier Marleix: Les liquidateurs: Ce que le macronisme inflige à la France et comment s’en sortir* chez Robert Laffont. Il y décrypte les dégâts faits par Emmanuel Macron, ministre puis Président de la République sur l’industrie stratégique. Dans cette première partie, nous nous pencherons sur l’industrie et les conflits d’intérêts. La deuxième concernera l’Europe et les déficits publics.

Pour comprendre Emmanuel Macron, il faut comprendre d’où il vient: énarque en 2004, carté au Parti Socialiste de 2006 à 2009, année où il devient membre de la Commission Attali, puis l’année suivante associé-gérant dans la Banque Rothschild, avant de devenir secrétaire général adjoint de François Hollande, puis son ministre des finances en 2014.


La France des milliardaires, l’illusion macroniste

L’électorat de premier tour de Macron en 2017 est ce que le sondeur Jérome Sainte-Marie nommait le «bloc élitaire», constitué des bourgeoisies de gauche et de droite, essentiellement des grandes villes (à Paris, on vote à 90% pour Macron).
Quand on vote Macron, on a le sentiment de faire partie des 0,1% les plus riches. Richard Ferrand, le fidèle d’entre les fidèles, s’enorgueillissait de représenter une «élite éclairée qui s’occupe du pays». Rien que ça.

Ce n’est pas un hasard si Macron saluait devant Xavier Niel les français de la « start-up nation » (expression désuète depuis) qui veulent devenir les milliardaires, tout en stigmatisant ceux qui dans les gares ne « réussissent » pas et en conséquence, « ne sont rien ».

En matière fiscale, on a bien vu que les rentiers ont été récompensées. Dès sa première loi de finances de Macron, avec une  Prélèvement Forfaitaire Unique, dite « flat tax » de 30% sur tous les dividendes, la redéfinition de l’ISF pour en expulser 6 milliards d’euros. Toutes ces mesures étaient financées par une hausse de la CSG y compris sur les petites retraites (Bruno Le Maire était contre pendant la Primaire de la Droite, voir sa défense en vidéo).


Réforme des retraites et politique familiale: le « en même temps » ne produit rien de bon

La politique familiale (alors qu’elle fonctionne depuis 1948) a été ébranlée par Hollande en 2014 et définitivement cassée par son continuateur Macron avec la mise sous conditions des ressources des allocations familiales.

Seule réforme d’importance de son quinquennat, la réforme de retraites en un système à points n’était ni fait ni à faire. Elle est née de discussions approfondies avec le PDG du fond d’investissement BlackRock, un de visiteurs réguliers de Macron, qui a été son soutien de indéfectible pendant la campagne présidentielle. Le plus significatif « effet de bord » de cette réforme qui a fâché juqu’à la CFDT prévoyait un abaissement du plafond de cotisations pour les nouvelles générations arrivant au travail. Dans la période de transition créée par la réforme, c’était un manque à gagner de 60 milliards d’euros pour la Sécurité Sociale, et cela faisait la part belle aux Mutuelles.


Emmanuel Macron aura été l’agent le plus empressé des fusions-acquisitions de secteurs stratégiques complets en France

Le macronisme est un agent zélé de la mondialisation financière, la quintessence du capitalisme « illibéral ». C’est-à-dire un capitalisme financier court-termiste. Dans un pays où l’actionnariat et la direction d’entreprise est si frêle, Emmanuel Macron, secrétaire de Hollande, ministre puis Président de la république, a servi sur un plateau d’argent nos fleurons industriels à l’étranger, avec la bénédiction de l’Union Européenne. On peut citer au moins 4 projets de fusion en 2 ans: la fusion STX (ex-Chantiers de l’Atlantique)-Fincantieri, fusion de Renault-Fiat, la fusion de Veolia-Suez, la fusion Alstom-Siemens et d’Alstom-Bombardier mais aussi la scission d’EDF, ou d’Engie.

Comme l’a constaté une commission d’enquête ad hoc, Macron a privilégié la Banque Rothschild dont il était membre quelques mois plus tôt dans la vente de la branche Énergie d’Alstom à General Electric (GE). Il parachève ce pantouflage à l’envers par un mensonge affirmant n’être au courant « de rien » devant 16,5 millions de français. GE devait créer 1.000 emplois, il en a supprimé 4.000.

Même hypocrisie quand Macron nomme auprès de lui Alexis Kohler secrétaire général de l’Elysée. La Justice sait qu’il a des liens familiaux avec les principaux actionnaires des anciens chantiers de l’Atlantique (STX), et qu’il doit se déporter de ce dossier, au nom de la lutte contre un conflit d’intérêt patent. A la suite d’une lettre de Macron au Parquet National Financier, une enquête à charge contre Kohler a subitement « coulée ».


Cassez ce monopole que je saurai voir

Dès qu’il devient président, il vendra Alstom Transports, livrant au passage aux canadiens contre 12,5 Milliards un de nos symboles: le TGV.

Dans l’aérien, Macron envisage la privatisation d’Aéroport de Paris, un monopole d’Etat, mais n’a pas pu aller au bout de ce démantèlement, pas tellement à cause d’une opposition qui le menaçait d’un référendum sur le sujet, mais à cause de l’effondrement de la Bourse. Pour ce qui est d’Air france, le gouvernement coupera les petites lignes au nom de l’écologie.

Avec la même frénésie, l’Etat récoltera 19 milliards pour celle de Lafarge au suisse Holcim, 15 milliards de la cession d’Alcatel au Finlandais Nokia, et 8 milliards pour la vente de Technip (parapétrolier) à l’Américain FMC.


Mutualisation des pertes et privatisation des profits

Enfin, il y a le cas Electricité de France (EDF), détenu à 80% pour l’Etat. Macron l’a coupé en deux à travers le projet Hercule, ouvrant des abîmes de complexité juridique. Il habille son projet, qui a été conçu entre les autre murs de son bureau, en exigence européenne (Scission d’EDF : Bruxelles a bon dos, c’est Macron qui tient la hache ! Capital, 11/12/2020). Dans ce projet qui est toujours à l’étude, la plus rentable est privatisée, tandis que la partie la plus endettée reste publique.

Macron, en capitaliste illibéral, ne fait pas trop de publicité pour les effets induits par son action, comme la casse de l’emploi, à Air France ou chez Nokia. Car une fois que la vente est acquise, les promesses de relocalisation s’effondrent. Par ordonnance, Macron a discrètement limité le pouvoir des juges de s’assurer de la santé financière globale d’une entreprise qui réalise un plan social en France.


D’une « Révolution », il n’aura été qu’un coupeur de tête de l’Industrie française

Macron n’a pas supprimé un seul des 70.000 hauts fonctionnaires aux salaires très élevés (ils étaient 25 000 en 1985). Les français ont pu constater leur inefficacité pendant la crise du Covid (au point de dépenser des millions en conseil privé). Pas plus qu’il n’a tenu sa promesse de baisser l’emploi public: 5.000 emplois de fonctionnaires sur 5 millions. Pour que ce jeu de faux semblants continue, il faut compter sur des taux d’intérêt négatif. Oui mais jusqu’à quand?

Il faut créer un fond de soutien à l’industrie avec l’épargne des français (5.000 milliards d’épargne disponibles). Cette démarche patriotique serait à même de mobiliser nos ressources pour ne pas devenir un Pays uniquement de services (de moins en moins) et de tourisme.


Lire la deuxième partie de notre fiche de lecture: comment nous nous sommes mis dans la main des marchés financiers.

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