(Fiche de lecture) Olivier Marleix, Les liquidateurs (2/2): nous nous sommes mis dans la main des marchés financiers

Dans l’épisode précédent de notre fiche de lecture sur le livre d’Olivier Marleix: Les liquidateurs: Ce que le macronisme inflige à la France et comment en sortir, nous abordions la question de l’industrie. Dans ce deuxième article, nous parlerons du naufrage de notre économie et notre paralysie dans l’Europe.

Quelle est la ligne de Macron, entre Jean-Pierre Raffarin, Christophe Castaner et Robert Hue ? « La droite a son histoire et Macron n’en fait pas partie ».

Olivier Marleix, extrait de « Les liquidateurs », Robert Laffont, 2021

« Il faut faire le tri dans notre dépense publique »

La France vit à crédit depuis 50 ans. Le déficit de l’état a été aggravé, budget après budget, depuis 1975, et il a encore enflé pendant la crise du Covid19. Les intercommunalitéscommunautés de communes et de villes créés en 1992, ont générées 1 million de fonctionnaires, avec des nouveaux impôts. Les prélèvements obligatoires sont passés de 30% du PIB en 1960 à 45,3% en 2017.

Alors que la crise a dégradé le PIB de 202 milliards d’euros, Emmanuel Macron a injecté de l’ordre de 300 Milliards d’aides économiques. Le « trou » se montait à 100 milliards d’euros en 2019, et a bondi à 185 milliards en 2020 (9,1% du PIB) selon La Tribune. Au bout d’une logique nommée le « Quoi qu’il en coûte » (voir les 10 chiffres fous donnés par Les Echos sur le budget 2021) qui visait à toujours plus endetter le pays, Macron a suggéré à l’Europe de s’endetter à son tour contre des promesses de réformes qu’il n’a pas pu réaliser ou de manière partielle (notamment la réforme des retraites) et l’accélération du déploiement des énergies vertes qui nous rendent encore plus dépendant de l’Asie du Sud-Est.

Autre écueil, les effectifs de la fonction publique ont gonflés de manière considérable. Sur 5 millions de fonctionnaires, Macron n’en a supprimé que 5.000 emplois, et n’a pas touché aux 70.000 hauts fonctionnaires (ils n’étaient que 25.000 en 1985). Les économies qui ne sont pas faites en haut de l’échelle sont faites en bas de celle-ci, avec des fermetures de services publics. Et que font tous ces haut fonctionnaire si ce n’est produire de la norme?


Bloquer l’Europe dans sa piteuse naïveté

L’euro met en lumière notre déficit de compétitivité. Entre 1979 et 1987, notre croissance industrielle a été la plus faible des pays industrialisés. Entre 2001 et 2008, suite à la pitoyable réforme des 35 heures de temps de travail, le coût unitaire du travail a progressé de 70%. Entre 2009 et 2011, 55% des délocalisations de la France ont eu lieu à l’intérieur dans l’Union Européenne, 29% en Afrique du Nord, 18% en Chine et en Inde.

En effet, l’Europe est devenu un terrain de jeu pour l’optimisation fiscale: 30% des impôts sur les sociétés lui échapperait. Loin de défendre son marché intérieur, l’Europe a été le bon élève des traités de libre échange depuis 20 ans, y compris jusqu’à renier ses critères écologiques.
L’obsession de l’Europe, c’est le prix pour le consommateur. Dans la majorité LREM, on critique au plan de l’Etat tout interventionnisme quand on le juge nécessaire au plan Européen.

Paradoxe de notre construction européenne, dans le grand jeu du « tous pour un », ceux qui s’en sortent le mieux dans les 27 pays de l’UE sont ceux qui jouent le plus « chacun pour soi ».

Olivier Marleix, extrait de « Les liquidateurs », Robert Laffont, 2021

Comment rétablir la souveraineté du Parlement français

La France doit pouvoir faire changer l’Europe quitte à jouer l’obstruction, comme le fit De Gaulle avec sa « politique de la chaise vide » en 1965. Soit l’Europe referme son marché intérieur et se protège de l’extérieur soit elle se disloque.
Il faut se libérer des cours supra-nationales (Cour de Justice de l’UE et Cour Européenne des Droits de l’Homme) qui nous interdisent d’agir. Pour cela, il faut réécrire l’acte 55 de la Constitution pour affirmer que la série pour affirmer que le dernier mot doit revenir en toute circonstance à la loi postérieure à la norme internationale. Cela doit se faire par référendum.


La start-up nation, une « vaste blague » d’Emmanuel Macron

Si Macron a fait de la « start up nation » un de ses éléments différentiants durant la campagne de 2017, au rang des résultats, c’est plutôt un échec : entre 2017 et 2019, la France perd 2 places parmi les 100 pays les plus attractifs pour les jeunes entreprises du digital, à la onzième place. De plus, il n’y a que Dassault systèmes dans les 100 plus grandes entreprises numériques classés par Forbes en 2018. Et il n’a même pas su reconnaitre nos champions de l’internet, à l’image du marché juteux des données médicales des français, qui ont été confiées au Health Data hub plutôt qu’au roubaisien OVH.

« Il nous faudrait moins d’Etat en bas, nous laisser place aux initiatives, et plus d’Etat en haut »

Olivier Marleix, extrait de « Les liquidateurs », Robert Laffont, 2021

Plaidoyer pour le référendum

Macron est le symbole suprême un « monarque républicain » éloigné du peuple et sans ancrage électoral, une première sous la cinquième République. Il a mis de côté le référendum sur la poursuite du chantier de l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et n’a pas vu venir les Gilets Jaunes, qu’il a traité avec mépris (au point d’enfermer leurs idées dans les coffres étanches des préfectures).

Les intérêts des élites intellectuelles, économiques et politiques sont pas réconciliables avec le désir de référendum. Pourtant c’est une nécessité. Olivier Marleix imagine une consultation des français réunissant entre 2 et 10% du corps électoral avec contrôle a priori de sa constitutionnalité et 25% de participation minimum.

Un commentaire

  1. Macron n’est pas monarque, il n’est de rien. Il aimerait être un Caesar ou un Louis mais il n’est pas. Il n’est pas non plus le Général de Gaulle. Il n’est pas. Un simple président, élu par depuis et magouilles politiques qui a su tirer son épingle avec l’aide de financiers européens et français. Il a fait en sorte de diviser les français en bousculant les repères et cela la bien aider aussi à brouiller les radars sur sa politique du démantèlement et de la courbette aux pays arabes et à la Russie. Il aurait voulu être un Napoléon de l’Europe, il sera au final qu’un petit qui ne réussi que parceque les autres font le travail et non pas le temps de pavaner en star.
    Il risque fort une déculottée aux prochaines élections car ici les français sont prêts à voter RN avec Marine Le Pen.

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