Boualem Sansal sur le déclin français: « La France ne se reconnait plus »

L’écrivain algérien Boualem Sansal écrit, avec des mots bien dosés, dans une tribune au Figaro (Payant) une belle ordonnance à la France, contre sa maladie identitaire existentielle, car « il paraît qu’on souffre moins quand on sait de quoi on va mourir ». En voici l’esprit:

« La France souffre d’elle-même, elle ne se connaît plus, ne se reconnaît plus, ce qui est bien la pire des maladies ».

Et rappelle qu’on ne peut compter que sur nous-même pour dépasser ses propres souffrances.

Il cite l’auteur Ibn Khaldoun, conseiller des puissants au XIVe siècle, qui dans Le Livre des exemples, avait décrit toutes les phases d’un Empire (Muqaddima) qui vont inévitablement de son avènement à sa déchéance: D’abord briser les féodalités et saborder les solidarités traditionnelles, ensuite assure la dépendance à l’Etat central, qui se caractérise par son arrogance et son addiction à l’impôt. A son crépuscule, l’Empire a semé les ferments de la colère qui les emporteront, en ayant, en réflexe de survie, enrôler des mercenaires étrangers pour mater les révoltes. Et de conclure par cette formule: « C’est toujours le plus intelligent, le plus fort, le plus rapide, le plus cruel, qui l’emporte. »


Le temps des grandes peurs liées à l’immigration

Pour reconstruire la France après la Seconde Guerre Mondiale, la France a fait appel à la main d’œuvre du Maghreb et d’Afrique. Et, quelques décennies plus tard, a « sous-traité » la gestion des territoires perdus de la République aux islamistes. En 2016, Boualem Sansal indiquait déjà que «l’ordre islamique tente progressivement de s’installer en France» (Le Figaro) Et de rappeler son expérience algérienne pendant la décennie des années 90: « Plus les islamistes gagnaient de terrain et redoublaient de cruauté, moins les gens réagissaient »

Aujourd’hui, les élites mondialisées trouvent leur compte à la déconstruction de la France, balayant son Histoire, qui est pourtant est, comme le rappelle Sansal, un « champ de forces orienté une fois pour toutes, [qu’]on ne peut ni modifier, ni retrancher ».

« Les reconstructeurs de l’histoire de France applaudissent, la puissance d’entraînement de l’expansion islamique accélère formidablement l’avènement de la mondialisation bienheureuse et l’open society promise ».

Boualem Sansal, Le Figaro, 25/05/2021

Et si les français sont malheureux de cet état de fait, si, comme le décrit cette auteur de langue française, la France a beaucoup perdu de cette immigration incontrôlée, il ne nous reste plus qu’à redonner une espérance dans une économie de production non seulement de richesses mais aussi de culture.

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