(Sondage) Le Front républicain: stop ou encore?

Il faudra donc attendre le 21 juin 2021, le lendemain du premier tour des Régionales et des Départementales, pour savoir ce que le Conseil stratégique des Républicains entend dire au sujet de ce que l’on appelle le Front Républicain face à un candidat Rassemblement National. Il sera également question d’éventuelles fusions de listes avec des « marcheurs » dans l’entre-deux-tours, comme l’y presse La République en Marche dont les candidats sont parfois déjà présents, comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ce qui est certain, c’est que l’annonce du retrait de la liste LREM en PACA au nom de la « lutte contre le RN » n’a fait que faire augmenter les intentions de vote en faveur de Thierry Mariani, le candidat de Marine Le Pen. Ce dernier est actuellement crédité au second tour par OpinionWay*, même en cas de retrait de la liste de rassemblement de la Gauche de Jean-Laurent Félizia, de 52% des votes, devant Renaud Muselier (48%).


Paresse intellectuelle ?

Le président des LR Christian Jacob n’a pas donné de consigne claire dans le cas de duel gauche/RN, comme ce qui se profile dans l’Ouest et le Sud de la France, ce qui a laissé la porte ouverte, dans l’intervalle, à une déclaration fracassante de son numéro deux, Guillaume Peltier: «Je ne veux plus du front républicain. Je ne veux plus de cette imposture, de cette paresse intellectuelle.» (Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, 29/05/2021).

Le député du Vaucluse Julien Aubert renchérit sur la « paresse » du front républicain:

«Elle nourrit le RN car les électeurs de ce parti se cristallisent en pensant que tous ceux qui veulent se rassembler contre eux se ressemblent et veulent sauver leurs fauteuils. C’est donc contre-productif et cela fonctionne de moins en moins.»

Julien Aubert, Le Figaro, 04/06/2021

Et il faut remonter le temps pour voir que ce « front républicain » n’a pas été toujours de mise dans la famille de droite. Ainsi, le 12 juin 1990, son secrétaire général, Alain Juppé, excluait le maire Rassemblement pour la république (RPR) de Grenoble, Alain Carignon, qui avait appelé au front républicain contre le Front National (et donc à voter socialiste) lors d’une cantonale partielle à Villeurbanne. Jusqu’en 2013 la position d’Alain Juppé n’avait pas varié. En cas de deuxième tour PS/FN, il voterait blanc. Du côté de François Fillon, le 17 septembre 2013, la position était tout autre. Il voterait pour le « moins sectaire » (Le lab, février 2015).

Pour le sénateur Philippe Bas, si la Droite peine à trouver des réponses, c’est peut-être que la question est aujourd’hui mal posée: «Pour les régionales, c’est En Marche! qui est au pied du mur et doit prendre ses responsabilités face au risque du RN, pas nous. N’inversons pas les rôles!».


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