Saman, tuée par sa famille en Italie pour avoir refusé un mariage forcé au Pakistan

Saman Abbas, une adolescente pakistanaise arrivée en Italie à l’âge de 13 ans, voulait vivre «à l’italienne». Elle avait trouvé via le réseau social Tik Tok un petit ami pakistanais, qui fait partie de la communauté des 150.000 ressortissants de ce pays dans la péninsule. C’est à l’âge de 18 ans que sa vie bascule.
Sa famille, qui lui reprochait de ne pas vouloir se marier au « pays » avec un cousin pakistanais de 29 ans, l’a fait séquestré puis exécuté en Italie. Cette mise à mort est une tradition établie dans la région du Pendjab (à cheval entre l’Inde et le pakistan), il se nomme « kala kali ».

Si les mariages forcés sont interdits par le code pénal italien depuis 2019, et que la jeune femme avait trouvée une famille d’accueil après avoir dénoncée les intentions de sa famille, elle a fait l’erreur funeste de retourner dans la ferme familiale, où résident son oncle, ses cousins, son père et sa mère. Et, cartable sur le dos, de tenter de s’en enfuir.


Tuée au nom de la religion et de l’enfermement des femmes

C’est autour de cette ferme que les gendarmes italiens cherchent encore des traces de sa dépouille, et exploitent les images de vidéo-surveillance qui témoigne de mouvements suspects avec des pelles et attestent de la présence de son cartable dans les mains de son père peu de temps après sa fugue.

Son dernier signe de vie avant la date fatidique du 30 avril 202 a été un SMS éloquent à son petit ami «Si tu n’as pas de nouvelles de moi pendant plus de 48 heures, alerte la police». Ses deux parents ont pris un vol en extrême urgence pour le Pakistan, auquel un mandat d’arrêt international est adressé par les autorités italiennes.

L’auteur présumé des faits, l’oncle de la victime, qui s’était fait pousser la moustache, s’était dissimulé à Garges-lès-Gonesse, dans le val d’Oise, a été retrouvé 5 mois après. L’un des frères de Saman raconte à la police avoir entendu cet oncle dire; «Je vais faire des petits morceaux et si tu veux, je les emmènerai à Guastalla….».

Le reste de la famille pakistanaise, établie au Pakistan et en Angleterre, rappelle à qui veut l’entendre, que la jeune Saman «ne se comportait pas comme une bonne musulmane et ne respectait pas le ramadan». Et donc qu’elle méritait la mort. L’affaire fait grand bruit en Italie, où l’union islamique des communautés islamiques, a dû lancer une fatwa contre les mariage forcés.

Laisser un commentaire