Retour sur l’engrenage morbide qui a conduit à la décapitation de Samuel Paty

Voici la chronologie complète de la décapitation de Samuel Paty* par un terroriste tchétchène et ce qu’elle révèle de la défaillance de notre politique migratoire, de notre Justice et de l’Education Nationale.

Dans son livre, « J’ai exécuté un chien de l’Enfer« , l’écrivain David di Nota a épluché tous les rapports disponibles sur cette affaire et en arrive à cette conclusion:

« Tout est parti d’une élève qui n’était pas présente à ce cours. Cela entraîne des pressions de la part de ceux qui se disent offensés, et en vertu de la politique des accommodements raisonnables, il a fallu absolument que le prof reconnaisse une erreur qu’il n’avait pas commise: demander aux musulmans de sortir. Lui le répètera trois jours avant sa mort: ce n’est pas ce qu’il a demandé« 

David di Nota, cité par L’Express, 13/10/2021

Rappel des faits

12/02/2002Naissance d’Abdoullakh Anzorov à Moscou
2005-2007Départ de Russie en famille, vers la Pologne, qui refuse sa demande d’asile, retour en Tchétchénie (Russie)
19/07/2009Dépôt d’une demande d’asile en France par la famille Anzarov
18/11/2010Rejet par l’OFPRA de cette demande d’asile de la famille Anzarov
15/04/2011Annulation par la CNDA de la décision de l’OFPRA et obtention de l’asile par la famille Anzarov
27/09/2017Mise en cause de A. Anzarov pour une affaire de violences en réunion
20/02/2018Deuxième mise en cause de A. Anzarov pour des faits similaires
Année 2020Processus de radicalisation d’A. Anzarov et apologie publique du djihad pendant plusieurs mois
12/03/2020Majorité d’A. Anzarov et octroi de plein droit d’un titre de séjour valable 10 ans au titre de « l’unité de la famille »
30/08/2020Publication par A. Anzarov sur son compte twitter de la mise en scène d’une décapitation
05/10/2020Présentation en classe par Samuel Paty de 2 caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours au programme sur la liberté d’expression
07/10/2020Lancement sur les réseaux sociaux par le parent d’élève Brahim Chnina et l’islamiste Abdelhakim Sefrioui d’une « fatwa » contre Samuel Paty. Le même jour, RDV entre la direction du collège, B. Chnina et A. Sefrioui (qui n’a pourtant aucun lien avec le collège) pour obtenir le renvoi de S. Paty
08/10/2020Dépôt de plainte contre S. Paty par B. Chnina pour diffusion d’images pornographiques. Sa fille n’a pas assisté au cours. Plainte de Samuel Paty pour diffamation en retour
09/10/2020Visite d’un inspecteur de l’Education Nationale pour rappeler S. Paty au devoir de « neutralité et de laïcité »
09-13/10/2020Echanges WhatsApp entre B. Chnina et A. Anzarov
12/10/2020Diffusion d’une vidéo sur Youtube par A. Sefrioui ciblant S. Paty, relayée par la mosquée de Pantin
16/10/2020Contre de l’argent, plusieurs élèves entre 13 à 15 ans permettent à A. Anzarov d’identifier le professeur. En fin d’après-midi, c’est le coup de poignard puis la décapitation en pleine rue de Samuel Paty. Le terroriste s’en vante dans un message audio en Russe où il explique qu’il a « vengé le prophète »

Et aujourd’hui?

Lors de l’hommage au professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, 98 incidents ont été rapportés par les services de l’Education Nationale, dont 7 cas de menaces sur des professeurs (Le Figaro). Ces actes, nous assure-t-on, seront systématiquement poursuivis en Justice, affirme le ministre Jean-Michel Blanquer, qui va par ailleurs «convoquer les familles, et voir ce qu’il y a derrière ces propos».

Un sondage récent de l’IFOP sur les 18-30 ans donne des résultats qui glacent le sang et prouve que tout est à faire dans l’Education Nationale en matière de liberté d’expression. Il démontre que plus d’un jeune sur cinq considèrent que Samuel Paty n’a pas eu raison de montrer des caricatures de Mahomet dans sa salle de classe. Ce chiffre monte à 56% pour ceux qui se déclarent musulmans. Pour 14% des jeunes interrogés, il s’agit même d’un acte « islamophobe ». A la vue de ces chiffres massifs, la France ne se prépare-t-elle pas à d’autres drames du même ordre?

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