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Quand la Sorbonne résiste à la « déconstruction »

Un premier colloque à la Sorbonne, «Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture», tente de répondre à la tentation « woke », appelé « déconstruction » ou « déconstructionnisme ». Parmi les organisateurs de ce colloque, qui s’étend sur deux jours, on trouve le Collège de philosophie, l’Observatoire du décolonialisme et le Comité Laïcité République. L’évènement, en lui même très signifiant, n’est pourtant – la faute au contexte sanitaire – accessible qu’à un petit cercle de chanceux: seules 140 des 1200 inscriptions ont pu y être acceptées.
Il n’en a pas fallu moins pour que les défenseurs de la déconstruction, popularisé par l’écologiste Sandrine Rousseau, CGT et SUD en tête, ne crie à la dérive d’extrême droite de la vénérable université.

Dans le Monde, 74 universitaires de la sphère intersectionnelle dénoncent une:

« Stratégie d’éradication lexicale visant à éliminer du vocabulaire des sciences sociales des termes tels que racisme systémique, privilège blanc, racisation, intersectionnalité, décolonialisme, termes prétendument dénués de toute rationalité ».

C’est une volonté de purification qui emprunte moins aux sciences (fussent-elles humaines) qu’à un nouvel opium du peuple. Se à quoi répond un des organisateurs du colloque :

« A l’aune de ces nouvelles exigences purificatrices, ceux qui ont jadis incarné la lutte contre le sexisme ou le racisme finissent par être identifiés comme d’horribles réactionnaires ».

Vincent Tournier, maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble (Atlantico, 23/03/2021)

Les origines du wokisme

Au coeur de cette idéologie? La lutte contre l’homme blanc, et ce qu’il véhicule dans l’imaginaire de ces indigénistes et autres racialistes, un « racisme systémique ». Ce n’est qu’à la faveur de la déconstruction de la « suprématie blanche » (le président Macron ne parlait-il pas de privilège blanc) que l’on pourra faire émerger la nouvelle société, où l’on baigne dans le règne des minorités diversitaires. Il ne s’agit pas que d’un « délire » venus de l’autre côté de l’Atlantique, mais elle a des traductions très concrètes ici aussi en France.

«Cette pensée a conduit à la croyance que seule la grille de lecture dominant/dominé, oppresseur/opprimé permettrait de comprendre le monde. Dans ce courant de pensée, l’Occident représente le comble de l’oppression. Si les recherches décoloniales offrent réellement des apports intéressants à la recherche, est-ce pour autant leur rôle que de vouloir détruire ce monde?»

Pierre-Henri Tavoillot, président du Collège de philosophie de la Sorbonne au Point, le 06/01/2022

Cette revendication n’est pas négligeable dans le champ de l’action politique. Comme le disait Pascal Bruckner en 2019, « La guerre des races a remplacée la lutte des classes ». Une personnalité comme Christiane Taubira incarne bien cette aspiration nouvelle, singulièrement étrangère à toute notre tradition des Lumières, dans l’espace public.


Quand le néo-féminisme oppose les hommes et les femmes

D’abord dans le domaine de la théorie du genre. Elle définit la négation de la différence entre homme et femme et son prolongement qui est l’écriture inclusive, la fluidité de genre, qui encourage les enfants à s’interroger sur leur appartenance à une identité sexuelle établie, etc.

On a vu les néo-féministes tenter de nier aux hommes leur statut d’êtres de culture en leur accolant: « la culture du viol ». Dans certains cortèges, on a pu lire ce genre de pancarte: « Tous les hommes sont des violeurs ». Autre glissement sémantique produit par cette avant-garde néo-progressiste: le « sexiste » s’est substitué au « sexy« . Depuis 2017, la mairie de Paris, dont un adjoint planche à plein temps sur le sujet, fait la chasse aux publicités sexistes ou discriminatoires. C’est ainsi qu’Anne Hidalgo faisait retirer une publicité pour une culotte échancrée sur la façade d’un grand magasin à Paris. D’autres, comme Alice Coffin, voulaient éliminer les hommes.

Face à autant de dérives inacceptables, le sociologue Mathieu Bock-Coté appelle dans une tribune du Figaro à une sorte d’union sacrée entre intellectuels de gauche et de droite universalistes. Face à des adversaires intellectuels dont la vacuité intellectuelle est inversement proportionnelle à leur capacité de nuisance et d’intimidation, si la raison n’est pas déployée face à la « ruse » diversitaire, comme ce fut le cas deux jours durant à la Sorbonne, elle nous ensevelira tous.

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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