AccueilSociétéIntellectuelsPour l'Académie française, le “franglais” est un outil de servitude

Pour l’Académie française, le “franglais” est un outil de servitude

Depuis plusieurs années, l’Académie française déplore les anglicismes qui polluent le vocabulaire de l’entreprise ainsi que de la sphère médiatique et politique. Elle avait tirée la sonnette d’alarme dès novembre 2019 à ce sujet.

Il résulte du recensement méthodique de ces dérives un rapport qui dresse un panorama inquiétant de la progression de ce que l’on appelle le « franglais » (mot-valise composé de français et d’anglais). Car le constat est clair: depuis 5 ans, l’invasion de l’anglais dans nos vies se sera accéléré comme jamais. Pour un mot qui résiste à son équivalent anglais (les courriels face aux e-mails), combien tombent au champ d’honneur?


Quelques exemples de « franglais » ?

FranglaisFrançais
– Date d’expiration– Date limite de validité
– Un bureau établi en 1980– Un bureau fondé en 1980
– Être à son meilleur– Être au mieux/exceller
Exemples tirés du site isarta

Il s’infiltre dans les structures grammaticales et le vocabulaire auquel nous sommes confrontés au quotidien dans à la télévision, dans les journaux et sur Internet. Pour la publicité, on peut citer le « french art de vivre » de Roche Bobois, ou plus sobrement, le slogan « Open » de Orange. Dernier exemple, le train bon marché (low-cost) de la SCNF s’appelle le « Ouigo » (de l’anglais We go, allons-y).


Quand l’anglais dissout la grammaire française

La loi Toubon du 4 août 1994 a pu condamner par le passé lourdement certaines entreprises (570.000 euros d’amende pour GE Medical System) pour ne communiquer avec ses salariés qu’en anglais. Mais malgré cela, le français n’est plus la règle pour la communication au sens large du terme. Car le Conseil Constitutionnel en a restreint l’usage, notamment dans la publicité, en 1994, au nom de la liberté d’expression.

Signe des temps, avec l’arrivée d’Internet dans le foyers français, les plateformes digitales parlèrent toutes l’anglais par défaut. Tout le monde aura adopté un «smartphone», l’autre nom du « téléphone mobile multifonctions ». Et ce « dépassement » des frontières est un des thèmes qui a permis à Macron de l’emporter en 2017.
A ce titre, constate le secrétaire général de l’Académie française Hélène Carrère d’Encausse, il y a un hiatus entre la «start-up nation», d’une part, et le reste de la société, de l’autre.

Autant dire que l’institution a laissé tomber le français. Si les français ne le comprenne pas forcément, il voit cette évolution d’un mauvais œil. En 2020, dans une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), on apprenait que 47% des Français étaient contre les publicités utilisant des mots en anglais. Et ce chiffre montait à 65% quand on leur demandait s’il fallait légiférer sur le sujet pour les entreprises et les collectivités.


La langue est le premier vecteur de l’identité nationale

Le plus bel exemple de notre soumission à l’anglais est celui de la carte nationale d’identité traduite en anglais. Contre laquelle l’Académie Française menace d’intenter une action en Justice. L’Etat a touché à ce qui faisait notre socle commun. Dans les conclusions du Gouvernement sur la carte d’identité en anglais, il est inscrit en toutes lettres que le français ne « serait pas compris ».


L’inquiétude monte au-delà de nos frontières

Dans la francophonie élargie aux cinq continents, on ressent le même danger sur la langue française, que ses représentants ne défendent pas ou défendent mal. Le sociologue Mathieu Bock-Côté en témoigne pour ce qui est des québécois; « C’est au nom de la mondialisation qu’on justifie ce retour au franglais, qui passe désormais (…) pour une langue sophistiquée. Il s’impose comme un symbole de désaffiliation nationale » (Le Figaro, 18/02/2022).

“Il y aura un moment où les choses deviendront irréversibles”.

Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, Le Figaro, 14/02/2022

Et si on y ajoute le péril mortel qu’est l’écriture inclusive, on comprend que les français ne sache plus remettre l’église au centre du village. Carrère d’Encausse poursuit: « Soit nous résistons, soit nous nous résignons ».

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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