AccueilHistoirePhilippe Séguin, un visionnaire sur les illusions d'une Europe fédérale

Philippe Séguin, un visionnaire sur les illusions d’une Europe fédérale

Il y a 30 ans, le 5 mai 1992, Philippe Séguin a défendu bec et ongles le NON à Maastricht lors d’un discours-fleuve prononcé à l’Assemblée Nationale. Il marqua les esprits. Son charisme, son phrasé élégant, si rare de nos jours, n’a toujours pas perdu de sa superbe.

Cet authentique Gaulliste, seul contre tous ou presque, a voulu sauver la souveraineté nationale. Pour le futur Président à l’Assemblée Nationale, ce traité est contraire à la Constitution: les Français devaient se prononcer sur cette décision historique.

Quelques minutes avant de prendre la parole, le visage du Député des Vosges devenait blême, ce passionné de football, apprenait en direct que la tribune de Furiani venait de s’effondrer, entrainant 18 morts et 2.357 blessés, ce qui en fit la catastrophe sportive française la plus importante de tous les temps. Mais fi des circonstances, l’Assemblée Nationale n’attend pas.


« Le pouvoir qu’on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n’en hérite »

Philippe Séguin se bat, il argumente, et prévient des réels enjeux et des dangers de Maastricht. Maastricht, c’est l’extinction des droits démocratiques et de la citoyenneté des Français. L’Europe fédérale, vantée par le Président de la République, François Mitterand, n’est en fait que de la poudre aux yeux, comme le dit Henri Guaino, comparse du Maire d’Epinal de l’époque.

L’ouverture des frontières, la monnaie unique, en soi très loyal est un vrai piège. Concrètement, c’est l’indépendance de la France qui disparaitra dans une nuage flou de lois et de décisions prises à Bruxelles dont la France sera prisonnière. Il est hors de question que ce traité passe en force par le seul Parlement, c’est pourquoi, il met en avant l’exception d’irrecevabilité, les Français auront leur mot à dire!

Si la proposition de Séguin est sans surprise rejetée par l’Assemblée Nationale, en septembre 1992, les français sont consultés par référendum et le « oui » l’emporte sur le fil en débutant à 70% dans les intentions de sondages et en finissant à 51,04 %. En débattant sous les ors de l’amphithéâtre de la Sorbonne avec un François Mitterrand grandement malade le 3 septembre 1992, Philippe Séguin a grandement participé à ce faible écart.


Les deux camps opposés de la Droite

Dès lors, deux camps s’affrontent, celui de Juppé, Balladur et Chirac face à Séguin et Pasqua. Philippe Séguin participe à forcer François Mitterrand à la cohabitation en 1993 et est récompensé pour cela par la Présidence de l’Assemblée Nationale. Après la dissolution-gag de Chirac en 1997, il est appelé à la rescousse à la présidence du RPR.

En 2001, la droite parisienne étale ses divisions au point de perdre une élection municipale « imperdable » pour son camp. Un an plus tard, au lendemain du deuxième bail de Jacques Chirac à l’Elysée, il tourne le dos à la création de l’UMP et retourne à des fonctions administratives. Quant à Charles Pasqua, il fera une tentative d’émancipation de la droite avec Philippe de Villiers avec le Rassemblement pour la France (RPF), en 1999 et qui s’éteindra de sa belle mort au bout de 12 ans.

NB: Le verbatim de ce discours est disponible ici.

Qu'avez-vous pensé du contenu de cet article ?

Cliquez sur une étoile pour voter !

Note moyenne 5 / 5. Nombre de vote(s): 4

Soyez la première/le premier à voter

veroniquemarcq
veroniquemarcq
Spécialiste des questions de santé, de justice et de sujets sociétaux.
Autres articles de cette catégorie:

Laisser un commentaire

Articles les + populaires

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

+
%d blogueurs aiment cette page :