Les 6 faits historiques consternants sur le Syndicat de la Magistrature

Parmi l’avalanche de mauvaises nouvelles qui pleuvent en ce moment, celle-ci a été plus discrète que les autres et pourtant elle a une prise sur le réel que l’on ne peut mésestimée. Lors des élections au Conseil de la magistrature, le 28 novembre 2022 le Syndicat de la magistrature (SM) a obtenu 33,3% des votes. Ce qui fait, mécaniquement, que vous avez environ 1 chance sur 3 d’être jugé par un juge (NB: on parle bien de juge, pas de procureur) dans cette orientation politique. Car il s’agit bien de politique (c’est un syndicat de gauche selon sa présidente) et de partialité et tout ce qui va suivre, compilé par Pierre-Marie Sève de l’Institut pour la Justice, sur la base du livre «Soyez partiaux», itinéraire de la gauche judiciaire d’Hervé Lehman (Ed. Cerf), le démontre :


1. La harangue de Baudot (1974):

C’est un discours fait en 1974 par un membre du SM, Oswald Baudot, aux jeunes magistrats. Il y exhorte les jeunes juges à « être partiaux », à avoir «un préjugé favorable pour la femme contre le mari, l’ouvrier contre le patron, le voleur contre la police» …

Malgré un blâme, le syndicat se mobilise et parvient à faire reculer le ministre de la justice de l’époque Jean Lecanuet, contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature…

Soyez partiaux… pour maintenir la balance entre le fort et le faible
Vous voilà installés et chapitrés. Permettez-moi de vous haranguer à mon tour, afin de corriger quelques-unes des choses qui vous ont été dites et de vous en faire entendre d’inédites.
En entrant dans la magistrature, vous êtes devenus des fonctionnaires d´un rang modeste. Gardez-vous de vous griser de l´honneur, feint ou réel, qu´on vous témoigne. Ne vous haussez pas du col. Ne vous gargarisez pas des mots de « troisième pouvoir » de « peuple français« , de « gardien des libertés publiques« , etc. On vous a dotés d’un pouvoir médiocre : celui de mettre en prison. On ne vous le donne que parce qu´il est généralement inoffensif. Quand vous infligerez cinq ans de prison au voleur de bicyclette, vous ne dérangerez personne. Evitez d’abuser de ce pouvoir.
Ne croyez pas que vous serez d’autant plus considérables que vous serez plus terribles. Ne croyez pas que vous allez, nouveaux saints Georges, vaincre l’hydre de la délinquance par une répression impitoyable. Si la répression était efficace, il y a longtemps qu’elle aurait réussi. Si elle est inutile, comme je crois, n’entreprenez pas de faire carrière en vous payant la tête des autres. Ne comptez pas la prison par années ni par mois, mais par minutes et par secondes, tout comme si vous deviez la subir vous-mêmes.
Il est vrai que vous entrez dans une profession où l´on vous demandera souvent d´avoir du caractère mais où l´on entend seulement par là que vous soyez impitoyables aux misérables. Lâches envers leurs supérieurs, intransigeants envers leurs inférieurs, telle est l´ordinaire conduite des hommes. Tâchez d’éviter cet écueil. On rend la justice impunément : n’en abusez pas.
Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d´être plus sages que la Cour de cassation, si l´occasion s´en présente. La justice n’est pas une vérité arrêtée en 1810. C´est une création perpétuelle. Elle sera ce que vous la ferez. N´attendez pas le feu vert du ministre ou du législateur ou des réformes, toujours envisagées. Réformez vous-mêmes. Consultez le bon sens, l’équité, l’amour du prochain plutôt que l’autorité ou la tradition.
La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides  » attendus  » du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi.
D´ailleurs vous constaterez qu´au rebours des principes qu´elle affiche, la justice applique extensivement les lois répressives et restrictivement les lois libérales. Agissez tout au contraire. Respectez la règle du jeu lorsqu´elle vous bride. Soyez beaux joueurs, soyez généreux : ce sera une nouveauté !
Ne vous contentez pas de faire votre métier. Vous verrez vite que pour être un peu utile, vous devez sortir des sentiers battus. Tout ce que vous ferez de bien, vous le ferez en plus. Qu´on le veuille ou non, vous avez un rôle social à jouer. Vous êtes des assistantes sociales. Vous ne décidez pas que sur le papier. Vous tranchez dans le vif. Ne fermez pas vos cœurs à la souffrance ni vos oreilles aux cris.
Ne soyez pas de ces juges soliveaux qui attendent que viennent à eux les petits procès. Ne soyez pas des arbitres indifférents au-dessus de la mêlée. Que votre porte soit ouverte à tous. Il y a des tâches plus utiles que de chasser ce papillon, la vérité, ou que de cultiver cette orchidée, la science juridique.
Ne soyez pas victime de vos préjugés de classe, religieux, politiques ou moraux. Ne croyez pas que la société soit intangible, l’inégalité et l’injustice inévitable, la raison et la volonté humaine incapables d´y rien changer.
Ne croyez pas qu’un homme soit coupable d´être ce qu´il est ni qu´il ne dépende que de lui d’être autrement. Autrement dit, ne le jugez pas. Ne condamnez pas l’alcoolique. L’alcoolisme, que la médecine ne sait pas guérir, n’est pas une excuse légale mais c´est une circonstance atténuante. Parce que vous êtes instruits, ne méprisez pas l’illettré. Ne jetez pas la pierre à la paresse, vous qui ne travaillez pas de vos mains. Soyez indulgents au reste des hommes. N’ajoutez pas à leurs souffrances. Ne soyez pas de ceux qui augmentent la somme des souffrances.
Soyez partiaux. Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d´un même poids, il faut que vous la fassiez un peu pencher d´un côté. C´est la tradition capétienne. Examinez toujours où sont le fort et le faible, qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l´enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d´assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice.
Ayez un dernier mérite : pardonnez ce sermon sur la montagne à
votre collègue dévoué.


2. Le premier « juge rouge » Hubert Dujardin (1974 toujours)

Hubert Dujardin est juge d’instruction en 1974. Il a décidé, seul, de changer les règles de la magistrature. Contre le secret absolu de l’instruction, il décide d’inviter le Nouvel Observateur dans sa vie. Il ouvre ses dossiers et donne des noms. Le ministre le sanctionne, et Dujardin est vivement soutenu par le SM. Le soleil reviendra pour sa carrière à l’arrivée de Mitterrand au pouvoir. Il sera ainsi conseiller des ministres de la Justice et finira sa carrière sanctionné pour avoir refusé de travailler pendant l’été.


3. Un entrisme sans état d’âme (à partir de 1981)

L’arrivée au pouvoir de François Mitterrand a vu une avalanche de membres du SM dans les ministères. Sur 15 membres du cabinet de Badinter, 6 en sont, dont les fondateurs du SM. Ajoutons les directeurs de l’ENM, du CSM mais surtout les juridictions… Les membres du SM semblent tous bénéficier d’une promotion expresse. Selon Yves Lemoine et Frédéric Nguyen, «le SM a conquis 50 emplois dans les villes les plus importantes de France. Dans le délai de 2 à 4 ans, la conquête sera quasi-totale»…
Cet entrisme puissance 10 continuera chaque fois que la gauche sera au pouvoir jusqu’à Hollande, avec notamment le scandale Falletti en 2014. Ce procureur général de Paris a refusé de céder son poste, provoquant l’ire de Christine Taubira qui voulait lui substituer une membre du SM.


4. L’enterrement de l’affaire «Urba» (1989)

Cet immense scandale politico-financier est pourtant totalement oublié aujourd’hui… Et pour cause. En 1989, des policiers découvrent des documents attestant d’un financement occulte du PS via l’entreprise Urba.
Le ministère fait alors tout pour freiner l’enquête et le policier enquêteur est ainsi révoqué ! Puis, le pouvoir socialiste tout juste réélu fait voter une « amnistie » pour les délits liés au financement de campagnes électorales. Votée tard dans la nuit, la France est mise devant le fait accompli le lendemain matin… Et c’est Jean-Pierre Michel, ancien dirigeant du SM, qui propose cette amnistie. Après quelques rebondissements, l’état-major socialiste crie encore au scandale et l’affaire est enterrée… Personne ne sera donc poursuivi malgré des dizaines de millions de francs détournés.


5. Les policiers dessinés en porcs (2001)

Continuons notre promenade judiciaire jusqu’en 2001. A cette époque, le SM publie «Vos papiers. Que faire face à la police». Ce livret aide à faire annuler les procédures de contrôle d’identité… Mais c’est surtout la couverture qui fera parler. Les policiers sont dessinés en porcs, ce qui provoque évidemment une vive réaction de leur part. Le ministre de l’intérieur socialiste de l’époque, Daniel Vaillant, porte plainte contre le SM mais finalement, en 2006, tout le monde sera relaxé


6. Le « Mur des cons » (2013)

C’est le sommet des scandales du SM exposant sa partialité au grand jour. En 2013, le site Atlantico publie une vidéo-choc malgré d’intenses pressions. Tournée par le journaliste de Clément Weill-Raynal, on y voit un «mur de cons» à l’intérieur des locaux du SM. Y étaient épinglés le visage des politiques comme Nicolas Sarkozy ou Brice Hortefeux, mais aussi des parents de victimes comme le colonel Philippe Schmitt. La partialité qu’il démontre fait scandale, même si le SM est soutenu notamment par Jean-Luc Mélenchon.

Mais l’affaire est progressivement oubliée par les médias. La présidente du SM, Françoise Martres n’est finalement condamnée en cassation qu’à 500€ avec sursis + des dommages et intérêts. Cerise sur le gâteau, la ministre Nicole Belloubet la proposera même comme Vice-Présidente du Tribunal de Grande Instance de Bordeaux !

Le SM a mené un combat d’extrême gauche judiciaire au nom d’idéaux vite oubliés une fois au pouvoir. On voit sa marque, encore aujourd’hui, avec le Parquet national financier. Ce parquet qui fait aussi de la politique, a attaqué F Fillon, N Sarkozy et aujourd’hui Eric Ciotti.

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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