Jacques Julliard achève le macronisme

On peut dire beaucoup de choses de l’intellectuel Jacques Julliard mais pas que son histoire personnelle et ses combats passés le destine à un portrait en conservateur ou en pessimiste. Et pourtant, la violence du bilan qu’il fait dans Le Figaro de 5 ans de macronisme est tout aussi violent que peut l’être une femme ou un homme de ce tonneau-là. Pour lui:

« Emmanuel Macron s’est montré incapable, faute de continuité ou peut être d’imagination, d’être l’homme d’un dessein national ».

Le recul dans l’Education. On constate, d’année en année, de la France dans les classements Pisa (Décrochage scolaire), avec un effondrement dans le domaine des mathématiques (23ème en 2018). Et en français, n’en parlons même pas. La non-maîtrise de la lecture concerne 40,5% des élèves de 15 ans. Dans de nombreuses entreprises, des mises à niveau en français sont proposées tant le niveau d’orthographe et de grammaire des nouveaux entrants dans les entreprises est abaissé.
La nomination du ministre de l’Education Nationale Pap Ndiaye, un signal extrêmement préoccupant pour l’universalisme à la française, tel qu’il l’a manifesté dès qu’il s’est déplacé à l’étranger.

Le recul de l’universalisme. Désormais, le féminisme se mue en sécessionnisme. L’antiracisme est devenu un racisme identitaire. On le voit y compris à l’Assemblée Nationale. Le décolonialisme est devenu nostalgie décoloniale. Le projet autogestionnaire est devenu un individualisme aveugle et forcené.

Le recul de notre filière agricole. En 20 ans, la France est passé du statut d’exportateur à celui, de plus en plus, d’importateur. Notre pays importe 63 milliards d’euros de denrées alimentaires, soit 2,2 fois plus qu’en 2000. Plus de la moitié du secteur de la viande sont importés, notamment la viande aviaire et ovine. En 2021, 71% des fruits et 28% des légumes viennent de l’étranger. (Vie publique)

Le recul de notre industrie. En 25 ans, la part de notre industrie dans le Produit Intérieur brut (PIB) est passé de 20% à 10%. Le chiffre de notre déficit commercial passe de record en record, passant à 56,7 milliards en 2021, soit 10 milliards de plus en un an.

Le recul du nucléaire. Cela s’est faut sous la pression des écologistes, dont le décroissant Nicolas Hulot était une figure médiatique qui plaisait à Emmanuel Macron. Ce dernier s’est félicité de la fermeture de Fessenheim tout en expliquant, en 2018 qu’il allait en fermer 14 réacteurs nucléaires supplémentaires.
En 2019, Emmanuel Macron arrêtait le projet Astrid. Dans la foulée, il devenait impossible de réparer les centrales nucléaires existantes (NB: une vingtaine de centrales sont actuellement en réparation) sans l’aide des américains. La faute à des choix stratégiques absurdes, comme celui de la vente des réacteurs Annabelle à General Electric, racheté deux fois plus cher.

Le recul de l’Etat. Emmanuel Macron a cette spécificité que de vouloir détricoter tout ce qui marche, et ce depuis fort longtemps. C’est le cas de l’École Nationale d’Administration (ENA), mais aussi des corps préfectoraux.
La fascination d’Emmanuel Macron pour les États-Unis ainsi que ses accointances personnelles ont fait des cabinets de conseils, comme Mc Kinsey, la solution à tous les maux de la France. Avec le succès que l’on sait.

Le recul international. Après une séquence médiatique très bien organisée, Emmanuel Macron a quitté le Liban sans rien obtenir des autorités. Au Mali, Macron a battu en retraite pour laisser la place à la milice Wagner qui se charge d’attiser la haine contre la France dans cette partie de l’Afrique. En septembre 2021, l’Australie nous faisait un incroyable pied-de-nez en annulant l’achat de 12 sous-marins nucléaires.

Le recul de la natalité. En 2020, la France a atteint son niveau le plus bas depuis 1945 (740.000 bébés). La décision prise sous François Hollande de subordonner les allocations familiales à leurs ressources financières a-t-elle un rapport avec cela ?


Tous ces reculs sont le fruit de nos propres renoncements, et la France est à la source de ses propres malheurs. Si l’on entend de plus souvent – dans les chaînes d’information, dans le cinéma, dans la littérature, etc. – l’expression « c’était mieux avant » c’est que cela correspond à une réalité.

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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1 COMMENTAIRE

  1. pour que la France puisse s’en sortir il faudrait qu’elle ait à sa tête des dirigeants capables, or ce n’est pas le cas et on est vraiment mal partis, on est sur le Titanic !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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