Le diagnostic implacable de David Lisnard sur la crise du logement

Nous ne sommes pas, contrairement à ce que dit la doxa médiatique, dans un univers « ultra-libéral ». Bien au contraire, dans le domaine du logement comme dans bien d’autres, le « dirigisme étatique » fait du désastre. C’est ce que rappelle le président de l’Association des maires de France et maire de Cannes, David Lisnard, dans une chronique récente au Journal L’Opinion abonnés.


Les chiffres du logement social en France

Il y a en France 70 à 75% de la population qui est éligible au logement social. Et il n’y a eu que 370.000 logements neufs construits en moyenne lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron (loin de ses engagements de campagne), au lieu des 500.000 jugés nécessaires par les experts du bâtiment.

C’est une véritable course sans ligne d’arrivée, car en 2021, on estimait à plus d’un million le nombre de français qui se trouvaient sans solution de logement.

Malgré 5,1 millions de logement sociaux (soit la bagatelle de 35% du par social européen), il y a 2,2 millions de demandes de logement social non satisfaites. Cette hausse de la demande a été aggravée par la chute des taux d’intérêts dans les années 90, quand ils sont passés de 9% en 1992, à 5 % en 1998.


L’empilement des lois

Au cours des années, les lois sur le logement issues des volontés de Jospin, de Hollande puis de Macron se sont empilées, provoquant toujours plus de contraintes pour de moins en moins d’efficacité.

D’abord la Loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) de décembre 2000, qui impose aux communes de plus de 3500 habitants (plus les cités franciliennes de plus de 1500 habitants) un taux minimum de 20 à 25% de logements locatifs sociaux ne tient malheureusement pas compte des différences de ressources entre les différentes communes. Puis les lois Duflot successives de 2013 (location pendant au moins 9 ans à un prix inférieur de 20% au prix du marché), ALUR de 2014 (limitation des dépôts de garantie). Au fur et à mesure, les propriétaires devenaient de véritables parias. Sans parler du renforcement jusqu’à l’absurde des droits des locataires en détriment des acheteurs.

La récente Loi « Climat résilience » de 2021 comportait deux volets: une sur les stratégies départementales des Aires Protégées et une autre sur le Zéro Artificialisation Nette (toutes les deux limitant les constructions de logements sur des espaces naturels ou agricoles) Source: OFB.


Beaucoup d’argent dépensé pour si peu de résultats

Quand on parle de pognon de dingue, en ce qui concerne le logement, on est en plein dedans. La politique du logement en France représente 40 milliards d’euros, soit 1,2% du PIB contre 0,5% pour la moyenne européenne.

Le renchérissement du foncier est le fait de l’empilement des normes et des obligations. Avec la hausse des coûts de constructions, ce renchérissement n’a fait que se renforcer, par effet de vases communicants. En effet, il y a une inflation normative dans le secteur du logement. Le code de l’urbanisme a enflé de 57% d’articles depuis 2022. Le code de la construction n’est pas en reste, puisqu’il a augmenté de 128% sur la même période.

La fiscalité liée au logement représente 6% des prélèvements obligatoires, contre 3,3% dans l’ensemble des pays de l’OCDE). La transformation de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune en IFI (Impôt sur la Fortune immobilière) en 2018 n’a pas incité les propriétaires à vendre des biens anciens.


Les solutions

Pour sortir de ces entraves, il faut changer de paradigme, ouvrir la propriété aux classes moyennes et sortir d’une idéologie de la verticalité, qui incarne la quintessence du ghetto à la française depuis les années de grande construction dans les 60. Le proverbe économique « quand le bâtiment va, tout va » reste toujours un horizon indépassable. Après le rebond spectaculaire du secteur du BTP durant les deux années de confinement, l’heure est à la perplexité chez les investisseurs.
Dans cette même logique, il s’agit de libérer l’acte de construire (en baissant le charges) et de co-produire les politiques de logement avec les communes et les intercommunalités.

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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