Scandale des libérations anticipées: pour 2 ans de prison, 3 mois de moins!

Je vais vous montrer comment la justice sous l’autorité du ministre de la Justice (mis examen) Eric Dupond-Moretti devient aussi bête qu’une formule dans un tableau Excel. C’est une nouvelle possibilité de « libération sous contrainte » (NB: délicieux oxymore à mon goût). Et cette nouvelle mesure judiciaire, le Gouvernement ne préfèrerait sans doute pas trop l’ébruiter tant elle déplait en interne dans le monde feutré de la Justice.
Depuis le 1er janvier 2023, la majorité des condamnés à au moins 2 ans de prison se voient attribuer automatiquement une remise de peine de 3 mois.


Les trafiquants de drogue récidivistes se frottent les mains

Les conditions à remplir pour bénéficier de cette remise automatique: disposer d’un logement à la sortie de prison, et ne pas avoir été condamné pour des violences (qu’elles soient conjugales, sexuelles, sur mineur, ou sur agent public) – sauf, curieusement, par armes à feu ou en réunion – ou des « sorties de pistes graves » (je ne parle pas de karting, bien évidemment) lors de l’incarcération. En clair, tous les trafiquants de drogue et la plupart des agresseurs au couteau, au marteau, à la batte de base-ball ou à l’arme de poing et de guerre sont concernés.

Le but affiché par le ministre? Faire baisser la surpopulation carcérale, qui est actuellement proche des 73.000 détenus fin 2022, symptôme d’une explosion de la délinquance et de la criminalité, malgré une politique du bracelet électronique à tout-va.


Les juges d’application des peines en pleine déprime

Les juges d’application des peines (JAP) interrogés sur l’effet de la superposition de tous ces dispositifs de libération sous contrainte, sont unanimes: c’est un chef d’oeuvre d’absurdité digne de Franz Kafka. Ainsi, un détenu qui verrait une mesure de libération anticipée (qui commencent à être examinée aux deux tiers de la peine) ou un aménagement de peine remis en cause par un « mauvais comportement » en détention serait automatiquement éligible à la sortie 3 mois avant la fin de sa détention. L’un de ces JAP témoigne dans le Figaro :

«Vous voyez comme nous allons être considérés par nos trafiquants de drogue qui récidivent à tour de bras (…) Le dispositif fera long feu dès le premier incident, ou bien les magistrats ne manqueront pas de monter les peines pour ne pas être obligés de l’appliquer»

Un juge d’application des peines de la région parisienne, au figaro abonnés, 17/01/2023

Vous l’avez compris à la lecture de cette nouvelle preuve de laxisme d’Eric Dupond-Moretti, les trafiquants et les agresseurs de tout poil seront plus souvent dehors, et donc, une fois les contacts repris dans leur milieu d’origine, vont alimenter l’insécurité chronique du pays. Mais pour faciliter le travail des juges d’application des peines, dans ce pays, on demande de moins en moins « d’application » et on fait de moins en moins de « peines ».

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Thomas Yves
Thomas Yves
Responsable éditorial de la Droite au coeur depuis 2020. Intérêts: livres, politique, géopolitique, économie, déconstruction, séparatisme islamique.
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