Loi immigration: Darmanin donne une petite cuillère pour la droite et une grosse louche pour la gauche

Deux termes symbolisent le en-même temps macroniste: « Ensauvagement de la Société » pour Gérald Darmanin, « sentiment d’insécurité » pour Eric Dupond-Moretti, le ministre de l’Intérieur, oscille en permanence entre discours droitiers et assouplissements gauchistes depuis son arrivée Place Beauvau en juillet 2020.
Celui qui présente le mois prochain la Loi Immigration tire-t-il sa dernière cartouche avant de réparer d’autres échéances pour l’avenir?


Un premier virage à droite

A peine arrivé, le jeune ministre (38 ans) donne rapidement un sacré virage à droite après les tristes années Castaner lorsqu’il déclare fin juillet 2020, dans une interview au Figaro, «Il faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société. (…) La France est malade de son insécurité». Son budget ira de pair avec une hausse de 15 milliards en 5 ans. L’argent seul ne suffit pas.
La preuve, « Le problème de la Police, c’est la Justice » disaient les syndicats policiers… Ils le constatent sur le terrain: les malfrats sont arrêtés et ressortent très souvent libres après non plus un rappel à l’ordre mais un « avertissement pénal probatoire », instauré depuis le 1er janvier 2023.

Les mois suivirent et se ressemblèrent: actes de délinquance, incivilités, homicides, avec le même constat: les étrangers clandestins sont très souvent les auteurs… Même si Gérald Darmanin s’est fait la promesse de ne pas communiquer le nom des auteurs surtout lorsqu’ils ont une consonance non-Européenne. Ainsi, lors de la Ligue des Champions opposant le Real Madrid à Liverpool au stade de France, les vidéos sont unanimes sur l’identité des voyous tentant de s’infiltrer dans le stade sans billet; mais aux yeux de Monsieur Darmanin, « ce sont des britanniques ». Les interpellations qui suivirent prouvèrent que les étrangers clandestins étaient majoritairement les auteurs de ce vacarme mondial. Pourquoi ne pas appeler un chat, un chat et nier à ce point la vérité?


C’est la 29ème loi sur l’asile et l’immigration depuis 1980

La proposition de Gérald Darmanin, exposée le mercredi 2 novembre 2022, depuis l’Assemblée nationale, vise à mieux intégrer les étrangers, mais aussi à «améliorer l’efficacité des politiques de reconduite» à la frontière pour ceux en situation irrégulière. Sauf que, concrètement, c’était déjà une promesse d’Emmanuel Macron de 2017: il avait promis que 100% des OQTF seraient exécutées. Du grain à moudre pour Eric Zemmour qui se plaît à dire que c’est à peine 10%!
D’ailleurs Olivier Véran, «Nous travaillons d’arrache-pied pour faire en sorte que les expulsions» soient «suivies d’effets», mais «nous devons évidemment faire mieux».


Des paroles, des paroles…

Dans les grandes lignes et sur le papier, le serrage de vis parait irréel, illusoire:

  • «dès le rejet de la demande d’asile», les recours devant la Cour nationale du droit d’asile doivent se faire devant un juge unique, contre trois actuellement.
  • porter de 1 à 3 ans la possibilité de placer en rétention ou d’assigner à résidence un étranger sur le fondement de son OQTF tout en réduisant le délai pour quitter volontairement le sol français «de 30 à 15 jours après l’injonction du préfet.»
  • «l’obtention d’un certificat prouvant la maîtrise du français et l’acceptation des valeurs de la République ».
  • instaurer des quotas supplémentaires par métier ou par «secteur en tension», comme l’hôtellerie, le BTP ou la restauration
  • pour les étrangers auteurs de délits sur le sol français, les préfets doivent plus facilement expulser les délinquants étrangers….

Dans les mots, ce serait le retour de la double peine avec la suppression des dispositions interdisant l’expulsion des personnes étrangères délinquantes (mariage, arrivée en France avant 13ans), mais dans les faits, le député LR Pierre-Henri Dumont déclarait en 2021:

« Les agents des services de l’immigration et de l’intégration des préfectures font part régulièrement des grandes difficultés liées à l’exercice de leurs missions en matière d’éloignement. Ces services apparaissent comme débordés, voire asphyxiés », (…) « Les bureaux des étrangers dans les préfectures, déjà extrêmement mobilisés par leurs activités de délivrance et de renouvellement des titres de séjour, sont sous-dimensionnés pour répondre à l’ampleur de la tâche. ».

Et quid des pays qui refusent d’accueillir leurs ressortissants?


Le lien entre immigration et délinquance (presque) totalement assumé

À l’été 2022, le lien entre « insécurité » et « immigration » est parfaitement intégré dans le raisonnement de Gérald Darmanin, au plus grand plaisir de Marine Le Pen qui a basé son fond de commerce sur cette théorie, comme l’avait fait avant elle son père. Les petites phrases clés s’enchainent, pour rapatrier l’électorat du RN, fort de ces 89 députés: «48 % des gens interpellés pour des actes de délinquance à Paris, 55 % à Marseille et 39 % à Lyon sont des étrangers» (…) « Une partie des étrangers dans les grandes métropoles commettent l’essentiel des actes de délinquance », «il serait idiot de ne pas dire qu’il y a une part importante de la délinquance qui vient de personnes immigrées» et quand tout ceci est dit, il y a toujours une petite dose de « en même temps » qui contredit la phrase d’avant : «Le petit-fils d’immigrés que je suis ne fait pas le lien entre immigration et délinquance»

Pour le criminologue Xavier Raufer, et un document interne de la préfecture de Paris, 70% des individus fréquemment interpellés par les forces de l’ordre en région parisienne auraient des noms «à consonance étrangère non-européenne».


Le titre de séjour pour les étrangers et pour la gauche

Accorder un titre de séjour d’un an, « évidemment renouvelable », à ceux qui travaillent dans les métiers en tension, et pourquoi pas à ceux sous OQTF, est une forme non avouée de régularisation gratuite.

Les phrases destinées à la gauche cette fois-ci se multiplient: « Les étrangers sont une richesse » (ce que les français ne pensent pas, très majoritairement), par exemple pour « construire des bâtiments, des logements, il y en a beaucoup. Pour récupérer des fruits et légumes il y en a beaucoup, dans l’agriculture y en a beaucoup. Alors, qui travaillent au noir, comme on dit, ou qui travaillent sous des noms d’emprunt, et donc qui paient des cotisations, qui paient des impôts mais qui ne bénéficient pas de la solidarité nationale. »

Le sénateur LR, Bruno Retailleau, souhaite « qu’il n’y ait « aucune régularisation des travailleurs » car « Ce texte va ouvrir encore plus les vannes de l’immigration« .



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veroniquemarcq
Spécialiste des questions de santé, de justice et de sujets sociétaux.
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