Bret Weinstein, biologiste américain éjecté de son université pour avoir contesté une « journée sans blancs » en 2017

Son calvaire mérite d’être connu, car à l’affaire Jeffrey Weinstein a succédée une autre affaire Weinstein – pas de lien de parenté – qui a frappé Bret Weinstein. Elle est toute aussi grave, car elle nous renseigne sur les dérives du monde universitaire américain, qui prend le nom pudique de « cancel culture » ou « chasse aux sorcières » en bon français, mais qui, en l’espèce, a des accents de racisme anti-blancs de la part de la gauche identitaire américaine. Le Figaro publie sa première interview (payante) en français hier.

Bret Weinstein, 51 ans, est un brillant docteur-enseignant en biologie spécialisé en théoricien de l’évolution. Diplômé de l’Université du Michigan, il a exercé à l’Université Evergreen de Washington, où en mars 2017, lui et son épouse Heather Heying, ont refusé d’observer une journée «sans blancs» organisée dans son université.


Pour avoir dénoncer le racisme inversé, il doit quitter son poste

Pour ce seul fait, et sous la pression de la gauche identitaire à l’origine de cette initiative, il a dû d’abord faire ses cours dans un parc en dehors de l’Université, après s’être fait molesté pour sa position universaliste sur l’affaire de la journée « sans blancs » sans que le Président de l’Université n’intervienne, puis a remis sa démission en septembre 2017 au terme d’un procès retentissant contre son administration soldé par un règlement de 500.000 dollars.


« Se soumettre ou être détruit »

La Presse de gauche, à l’exception notable de Bari Weiss – qui en paiera le prix quelques années plus tard – a refusé de parler de cette histoire d’identitaires noirs, là où la presse de droite en a fait une histoire nationale. De fait, aux Etats-Unis, les médias choisissent des sujets qui arrangent leur ligne éditoriale.


Les « woke », cette gauche simpliste voire simplistique

Cette gauche « simpliste », dit-il, est adepte de la politique de la table rase, et évacue ou pour reprendre le mot américain « annule » toute une sphère réformiste qui veut corriger les injustices par pragmatisme tandis, qu’elle, ne voit qu’un système politique et idéologique établi à abattre. Pour ces gens, que l’on appelle les « woke » (les éveillés), la nuance est une entrave à l’action.

Les gens ne prennent pas ce mouvement au sérieux parce qu’il est ridicule. Mais quiconque n’a pas été confronté à ce défi idéologique ne voit pas à quel point il est sérieux et contagieux. Le succès de l’entreprise de victimisation globale à l’œuvre aux Etats-Unis en fonction de son « genre » ou de sa « couleur de peau » tient au fait que les combattants se font rare et la masse préfère « raser les murs » plutôt que de se voir épingler une infamie au revers de la veste (Voir à ce sujet le livre de Mathieu Bock-Côté sur l’empire du politiquement correct).

« En Occident, ce mouvement woke pourrait créer le démon qu’il entend combattre: si on diabolise les blancs, ils finiront par penser en minorité opprimée et réagir ».

Bret Weinstein

Tout se passe comme si les dissidents de la frange racialiste des « Black lives matters » et des activistes homosexuels, transgenres, attendaient que ces grands blocs se dissolvent en blocs plus petits, plus sectaires, rendant leur influence moindre et à terme inefficiente. Mais ce pari n’est pas dénué de risque, car les dégâts déjà faits ne se réparent jamais.

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