Les policiers, premières victimes du confinement

Le confinement a été respecté par les français, se félicite-t-on dans les hautes sphères… Oui, mais, à y regarder de plus près, comme nous avons tenté de le faire le mois dernier, dans les quartiers, la réalité est beaucoup moins réjouissante. D’après une enquête du Figaro, pendant la période du confinement, la violence (qu’elle soit intra-familale ou sur la voie publique) est repartie nettement à la hausse.

Un déchaînement de violences

D’après la Direction de la Police Nationale, dans la période du 17 mars au 5 mai 2020, pas moins de 379 attaques sur des policiers ont été recensés (soit une moyenne de 7 faits de violence par nuit) dans 164 villes différentes, parmi lesquels 79 guet-apens d’agents de la sécurité publique. Il en résulte que 43 fonctionnaires ont été blessés rien que pendant le confinement, seuls 121 voyous ont été interpellés depuis le 19 avril.

Le criminologue Xavier Raufer explique au Figaro ce qu’il en est de l’aspect « ludique » de la violence selon le mot de Christophe Castaner:

« Il s’agit tout d’abord de bandes territoriales, qui se créent sur la base d’une cité, d’un immeuble ou d’un hall d’immeuble, qui s’opposent les unes aux autres et se lancent à l’occasion des défis »

A Nantes, les rodéos sauvages sont devenus quotidiens, phénomène dépassant les policiers et excédant les braves gens (Ouest-France).


Non-respect du confinement et violence intra-familiales

En ce qui concerne les violences conjugales, la situation n’est guère meilleure, là où la règle générale est l »expulsion du conjoint violent (Le Monde), un bailleur social a même dû ouvrir des nouveaux appartements pour les femmes victimes:

« En plein confinement, Plaine Commune Habitat, l’un des bailleurs sociaux de Seine-Saint-Denis, met à la disposition des femmes victimes de violences conjugales une dizaine d’appartements entièrement meublés pour leur permettre de démarrer une nouvelle vie. La première famille est arrivée ce mercredi. » (France Inter)

Enfin, en ce qui concerne le respect du confinement au quotidien, La Provence rapporte que dans les quartiers populaires de Marseille, comme La Castellane, des matchs de football clandestins regroupent plus 150 personnes, qui évidemment ne respectent aucun des gestes barrières. A Clichy, un policier de terrain donne le ton de son quotidien: «Fumer du shit avec son fils mineur, vous trouvez que c’est un motif familial impérieux, vous ?»

Le 23 avril 2020, Christophe Castaner avait justifié certaines de cette violence (qu’il renomme « colère » ou « galère ») par le confinement lui-même :

« Cette pauvreté dans laquelle ils vivent auprès de leurs proches (…) peut provoquer de la colère » (Paris Match)

Reste encore qu’entre les consignes de la hiérarchie à l’oral pour ne pas poursuivre les délinquants: Un policier de Gennevilliers a témoigné end ce sens: « Un policier qui n’a pas le droit de poursuivre un délinquant, c’est absurde ! », et une Justice au ralenti, cette période aura été un crash test raté pour toute une chaîne de protection des populations.

> Lire aussi : Charlotte d'Ornellas sur le non-respect du confinement

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