Julien Aubert: Tout confiner pour que rien ne change ?

Le député LR Julien Aubert était appelé à voter sur le nouveau plan de confinement qu’Emmanuel Macron a annoncé hier soir.

Le President a été ce soir trés pédagogue dans la première partie en expliquant son cheminement intellectuel dans la crise actuelle. Accordons lui une excellente propension à expliquer le passé, même si je suis resté sceptique sur la question des lits où il parle de doublement alors qu’on est à peine à + 20% et son argument sur les aînés, qui sont isolés quel que soit le confinement.


Confinement 2.0

Sur la deuxieme partie en revanche, où il devait expliquer notre avenir, sa pédagogie s’est un peu enlisée. Son confinement 2.0 est tres compliqué, un vrai gruyère : personne ne travaille… sauf les fonctionnaires, les ouvriers, les agriculteurs, le BTP… Ça fait beaucoup de monde ! Cela fera pas mal de circulation sur les routes. De l’autre, on remet sous clé les petits commerces, les bars et les restaurants. J’ai du mal à voir la logique sanitaire, au-delà du pragmatisme économique. D’ailleurs où iront déjeuner les fonctionnaires et les ouvriers à midi, si le moindre snack est fermé ?


Frontières ouvertes

Bref, j’ai peur que ce confinement soit trop dur dans ce qu’il a de mou et trop mou dans ce qu’il a de dur. Qu’il tue l’économie sans alléger le fardeau de nos soignants. En définitive, Macron a rendu un arbitrage de Salomon, une côte mal taillée… On ferme les frontières avec la Suisse mais pas l’Italie. Curieux. Or, ne pas choisir c’est laisser le Covid trancher dans 15 jours pour nous. Si sa potion est trop faible, il sera obligé de reconfiner dans l’urgence et le choc économique sera terrible car il achoppera sur Noël.


Flou entre deux vagues

Le plus triste symbole des hésitations de l’Exécutif face à la Covid est que ce sera Jean Castex, autrefois nommé « Monsieur Déconfinement », qui sera le Premier ministre en charge du Reconfinement. Emmanuel Macron aura été un président flou entre deux vagues. Au plan des libertes publiques, enfin, un mois d’existence sans vie, sans plaisir, sans famille, et qui se limite à être une petite fourmi au service de la fourmilière me laisse un goût amer. On éteint tout ce qui fait le sel de la société pour ne laisser que l’utilité. Je vois mourir la démocratie, la proximité, le lien social, l’enracinement, et prospérer le commerce en ligne, la dématéralisation, et la solitude.

Quelle société restera-t-il en 2021 ? Ne va-t-on pas mourir guéri ? Désormais on me demande de voter, et de choisir la Peste, le Choléra ou les deux à la fois.

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