Macron se réclamant de De Gaulle, la belle arnaque

C’est l’année de De Gaulle: il est né il y a 130 ans, décédé il y a 50 ans et c’est également bientôt l’occasion de célébrer les 80 ans de l’appel du 18 juin 1940. Et de la même manière qu’Hollande convoquait les dieux de la pluie à chacune de ses sorties, Macron lui, qui avait titré son programme Révolution, surjoue la dévotion au Général, lui, l’acteur raté, implorant les dieux de la comédie.

Et l’actuel président, qui dévisse dans les sondages à 59% d’avis négatifs (Valeurs actuelles), a trouvé dans ces repères historiques des prétextes pour agiter quelques concepts hérités du héros de la France libre: « le refus de la résignation » et « l’esprit de résistance ». Jusqu’à placer sur l’emblème de l’Elysée une croix de Lorraine (BFMTV) ou sur son bureau dans un cadre offert par Jacques Chirac un portrait en noir et blanc du Général en tenue civile.

C’est dans cet esprit qu’Emmanuel Macron s’est rendu dimanche 17 mai dans l’Aisne pour commémorer la bataille de Montcornet, au cours de laquelle Charles de Gaulle, alors colonel, s’est illustré en 1940, avec une défaite de sa 4ème division blindée à entraver la progression de la 10e Panzerdivision allemande.


Macron, un anti-De Gaulle

Pour le député LR, du Vaucluse, Julien Aubert sur France Info:

« De Gaulle c’est la souveraineté nationale, l’indépendance stratégique, choses qu’Emmanuel Macron a redécouvert récemment et continue à mélanger avec le concept de souveraineté européenne, ce qui est profondément antinomique »

Et de compléter son propos:

« Emmanuel Macron est l’homme élu sur un programme d’adaptation du pays à la mondialisation, alors que de Gaulle c’est la domination du politique sur l’économie, avec pour objectif l’indépendance nationale ».


Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France enfonce le clou dans la tribune du JDD:

« Pour de Gaulle, un chef ne doit pas parler en permanence, à tort et à travers… Il ne doit pas avoir le besoin pathologique d’être aimé mais se doit tout entier à la France. (…) Ce serait être piètre gaulliste de se contenter de révérer le passé sans essayer d’y lire les leçons que nous devons en tirer pour l’avenir. »

Depuis le début de son mandat, Macron a ratissé large, en accumulant des hommages, outre De Gaulle, à Jeanne d’Arc, Clémenceau, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, jusqu’au maréchal Pétain (L’Obs)


Pour Ferréol Delmas, chroniqueur chez Marianne, les choses étaient claires dès le début du quinquennat: Rejoindre Macron, c’est trahir De Gaulle et Macron, représente « une certaine idée de la finance »

« Si Jupiter peut ressembler au «grand Charles» par sa volonté d’opter pour un pouvoir exécutif fort et resserré, l’électorat de ces deux hommes d’État est fort différent. Macron, en effet, réconcilie la bourgeoisie de gauche boboïsée et la bourgeoisie de droite, celle des «gens du juste-milieu», déjà moquée par Verlaine dans son poème Monsieur Prudhomme« . (Causeur, 22/02/2018)

Mais, alors que le rappelle l’historien Jean Garrigues, « les hommes de pouvoir n’arrivent plus à incarner la grandeur nationale » comme l’avait fait de Gaulle.

Un commentaire

  1. Les reseaux et les hobbies politico-financiers ont reussi a le faire elire pour leurs intérêts exclusifs dans le cadre de la mondialisation
    Il est leur otage , leur serviteur
    Il n’ est meme pas un homme politique et totalement a l’oppose de De Gaulle !
    Osez la comparaison … mais ou sommes-nous ?

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