L’ex-juge qui a mis en examen Bayrou virée quelques jours avant qu’il soit nommé haut-commissaire au Plan

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le hasard du calendrier a été particulièrement spectaculaire dans le cas du licenciement expéditif de Charlotte Bilger (NDLR: un des six enfants du magistrat Philippe Bilger) au ministère de la Justice, juste avant la nomination comme Haut-Commissaire au Plan de François Bayrou, qu’elle a mis en examen un an plus tôt.

Cette ancienne juge financière au Tribunal de Paris était entrée en fonction il y a seulement trois jours au poste de conseillère spéciale du ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, avant d’être priée de faire ses cartons. Elle était censée devenir un interlocuteur en ligne directe avec le ministre. C’est par un communiqué sibyllin que l’on l’a appris:

“Son recrutement envisagé n’a pas été à son terme, mais cela n’enlève à rien ses qualités”

Communiqué du ministère de la Justice

Début décembre 2019, Charlotte Bilger, aux côtés de Bénédicte de Perthuis et Patricia Simon, avait mis en examen François Bayrou pour « complicité de détournement de fonds publics » au sujet de l’affaire des assistants parlementaires du Modem soupçonné de travail fictif au Parlement européen.

Selon une information du Monde, pour obtenir ce poste, cette femme ultra-compétente avait renoncé à un poste plus prestigieux pour le mois de septembre: celui de présidente de la Cour d’assises de Paris.


34 petits jours et puis s’en va

Ainsi, l’élu béarnais n’avait passé que 34 jours au gouvernement, après des révélations du Canard Enchaîné au sujet du rôle comme secrétaire « non déclarée » de Marielle de Sarnez auprès de lui. Cela faisait tâche au moment d’ébaucher un plan pour la moralisation de la vie publique. Tout comme le savon qu’il a passé à la rédaction de France Info, coupable à ses yeux d’avoir lâché faussement le nom d’autres assistants parlementaires du Modem présumés fictifs.
Mais, après son départ du gouvernement, il est toujours resté parmi les visiteurs réguliers du chef de l’état, au point de remplir, selon l’entourage de Macron un « rôle occulte de conseiller permanent à l’Elysée« . Et son groupe à l’Assemblée est plus qu’un appoint après tous les départs des députés LREM.
Et pourtant, comme en témoigne cette vidéo de 2016, l’amitié n’a pas été très spontanée au regard du tacle que le béarnais lui décroche :

En décrochant un poste de Haut-Commissaire au Plan aux services du Premier ministre, dans le cadre coquet de l’hôtel particulier de Cassini entièrement rénové, à quelques encablures de l’hôtel de Matignon. Tout en restant maire de Pau, il devra bénévolement “imaginer la France dans 10, 20 ou 30 ans”. Espérons que la capacité de projection de monsieur Bayrou soit supérieure à celle de ses connaissances épidémiologiques, puisqu’il a quand même prédit un gigantesque cluster si le premier tour des municipales se tenaient, là où il n’en fut rien.

Toujours est-il que François Bayrou savoure un retour en grâce qui ne sera nullement ombragé par le fait de croiser, de près ou de loin (car il n’assistera pas au Conseil des ministres) l’ancienne juge.

2 commentaires

  1. On ne s’etonne plus de ces faits de lèche-bottismes, copinage, piston, passe-droits, fausses positions, positionnements oportuns et in fine, comme en Israel, super pouvoirs accordés au mini minorités. Celles-ci permettent aux grosses minorités, aux franges des quelles elle se situent et après s’être chèrement vendues, d’accéder, de ce maintenir ou de s’accrocher au pouvoir ! Cet oportunisme à l’apogée lors de la IVème avait guidé à la création de le constitution de la Vème Republique. La veulerie des polititiens en montre les limites!

Laisser un commentaire