(Vidéo) Emmanuel Macron dément sa ministre sur l’islamo-gauchisme à l’Université

Emmanuel Macron a donc désavoué, lors du Conseil des ministres, sa ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, qui avait demandé au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de mener une enquête sur l’islamo-gauchisme* dans l’Université française.

*Le concept d’islamo-gauchisme a été utilisé pour la première fois dès 2002, après la deuxième Intifada, par Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, dans son livre «La Nouvelle Judéophobie». Dans l’expression islamo-gauchisme, c’est le gauchisme qui instille la religion dans la société, et non l’Islam qui est le promoteur des idées de gauche. Taguieff a encore élargi ce concept dans son prochain livre Liaisons dangereuses: islamo-nazisme, islamo-gauchisme (voir présentation de l’éditeur ci-dessous).

« En France aujourd’hui, un profond clivage oppose les anti-islamistes aux anti-islamophobes, lesquels sont souvent des islamo-gauchistes »

Pierre-André Taguieff, mars 2021

Par effet de capillarité, le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer se trouve aussi affaibli dans le camp des « pro-enquête ». Ne déclarait-il pas, sur Europe 1 :

« Ce qu’on appelle communément l’islamo-gauchisme fait des ravages à l’université quand l’Unef (NDLR: dont la porte-parole voilée n’a été qu’indirectement condamnée par Marlène Schiappa) y cède, fait des ravages quand dans les rangs de La France insoumise vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels. »

Jean-Michel Blanquer, sur Europe 1, le 22/10/2020

L’appel de 100 intellectuels ignorés par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron avait déjà ignoré, peu après la décapitation de Samuel Paty, l’appel des 100 intellectuels * contre l’infiltration des islamistes à l’Université. Dans l’appel des 100, on peut lire : « C’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les “dominés” préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des “dominants”.

Le Président de la République donne le sentiment de céder ainsi à toutes les officines de la bien-pensance qui se sont senties visées par cette saillie ministérielle qui a interloqué tout le spectre politique, pour des raisons différentes. Terrible séquence en effet: après avoir vu un Préfet traiter un professeur de philosophie qui dénonçait l’islamiste dans sa ville de Trappes d’irresponsable, voilà que le Président met la poussière sous le tapis à l’Université!


La gauche « compagnon de route » des islamistes

L’extrême gauche avait déjà exprimé par le passé son admiration pour l’Ayatollah Khomeiny. Mais concernant le sujet qui nous occupe, les lanceurs d’alertes avaient pour nom Elisabeth Badinter ou Michel Onfray qui considéraient, qu’il y avait des « degrés » dans cet islamo-gauchisme qui « contamine toute la gauche« .
Mais à gauche justement, du côté d’Olivier Faure ou de cadres de LREM, l’islamo-gauchisme n’existe pas, car selon eux, c’est une construction intellectuelle « d’extrême droite ». Une diabolisation pavlovienne somme toute classique.

Le CNRS avait d’ores et déjà communiqué en réponse à la ministre que l’islamo-gauchisme n’était pas un « concept scientifique ». Pourtant le directeur du CNRS, Antoine Petit, a bien institutionnalisé ce concept en préfaçant un livre qui sous-tend ces idées, Sexualités, identités & corps colonisés (2019). Dans ces publications, on systématise les postures victimaires et la «colonisation» éternelle on se mêlent néo-féminisme, racialisme et excuse des djihadistes. On y lit, par exemple :

«La “race” devient la nouvelle grille de lecture du monde sur laquelle s’intègre la grille du genre, et qui s’articule à la hiérarchie homme/femme: aux colonies, le plus petit des “Blancs”, sur l’échelle sociale, sera toujours plus grand que n’importe quel colonisé, surtout s’il s’agit d’une femme.»

Antoine Petit, directeur du CNRS, Sexualités, identités & corps colonisés

L’ultra-gauche a utilisée la figure de l’immigré musulman comme visage du nouveau prolétaire exploité et sa religion comme celle des « pauvres et des opprimés ». A telle enseigne qu’une certaine catégorie de la gauche, qu’incarne Danièle Obono chez la France Insoumise, a refusée de se joindre à la manifestation Je suis Charlie du 11 janvier 2015, au nom de cette doctrine.


Il est urgent de faire entendre que c’est dire urgent

Le professeur de philosophie de la Sorbonne, Jean-François Braunstein, lui, considère dans Le Figaro l’action contre ce phénomène de l’islamo-gauchisme comme « urgent« . A titre d’exemple, dans son université, l’appel à «décoloniser la laïcité» vient en droite ligne du chercheur pakistano-Américain Talal Asad.

« La prise de conscience tardive de la ministre s’explique par l’écho que reçoivent les travaux d’universitaires, comme ceux de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires. Aujourd’hui, seule la Conférence des présidents d’université persiste dans le déni. »

Professeur Jean-François Braunstein, Le Figaro abonnés, 17/02/2021

La Conférence des présidents d’université, au centre de ces accusations, s’est élevée contre cette « polémique stérile » qui repose, selon elle, « des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce ».

On le voit bien à travers ces faits, l’enjeu pour les idéologues en poste à l’Université est double: à la fois continuer de pratiquer le déni de l’islamo-gauchisme et brandir la liberté académique comme bouclier pour pratiquer la culture de l’excuse comme nous le dénoncions en novembre 2020.


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