Dossier hydroxychloroquine: l’éditeur du Lancet, ouvertement anti-Trump: faites-le lien!

Invité en duplex dans l’émission de Pascal Pro sur CNEWS ce matin, Philippe Parola, chef du service des maladies infectieuses de l’IHU de Marseille, nous explique le biais de l’étude du Lancet du 22 mai 2020, il s’étonne sur la précipitation de l’OMS à arrêter les études en cours avec l’hydroxychloroquine ou le gouvernement à abroger à la hâte le décret de l’autorisation de prescription de l’hydroxychloroquine. Il revient sur les raisons d’un emballement mondial provoqué par des enjeux politiques et financiers majeurs.


L’étude du Lancet

« The Lancet » a analysé rétrospectivement les données d’environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d’entre eux ont reçu l’une des quatre combinaisons médicamenteuses; ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n’ayant pas reçu ce traitement. Les résultats concluent à l’inefficacité des traitements proposés et pire, à une augmentation de la mortalité.
Les 4 groupes de patients ont reçu l’un des traitements suivants, 48 heures après le diagnostic du Covid-19:
– chloroquine seule – 16,4% de décès
– chloroquine seule associée à l’antibiotique – 22,2% de décès
– hydroxychloroquine seule (HCQ) – 18% de décès
– hydroxychloroquine (HCQ) associée à ce même antibiotique – 23,8% de décès
– groupe témoin avec traitement conventionnel – 9,3% de décès

La mortalité est plus élevée dans les 4 groupes étudiés et pire encore, les arythmies cardiaques graves plus sont plus fréquentes chez les patients recevant chloroquine ou HCQ. L’HCQ est actuellement prescrite lors de maladies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. En association avec l’antibiotique, le delta est encore accentué (8% des malades contre 0,3% dans le groupe témoin).  


L’analyse de Philippe Parola

C’est un biais énorme de beaucoup d’études qui sont sorties où l’on parle de patients sévères, de traitements compassionnels, c’est à dire des patients qui sont arrivés tard à l’hôpital et pour lequel tout ou partie de n’importe quel traitement ne marche pas.
Pourquoi tant de patients sont arrivés à l’hôpital alors qu’ils auraient pû être traités tôt ? Ce fut une erreur de dire aux gens vous êtes malades, restez chez vous, attendez que ça s’aggrave et vous appellerez le samu.

comme en atteste le message tant martelé à la radio, à télévision par Santé Publique France il y a deux mois :

« La maladie guérit en quelques jours avec du repos, mais, si les signes s’aggravent, que vous avez des difficultés importantes à respirer et que vous êtes essoufflé, appelez le 15 immédiatement »

A ce stade, vous arriverez directement aux urgences ou en réanimation et malgré toute la dextérité des urgentistes et des réanimateurs, ça sera trop tard!

A contrario, le traitement proposé à l’IHU et adopté par la moitié de l’Afrique, les Etats Unis ou la Chine, c’est de prendre les malades au plus tôt pour intervenir dans la première phase de la maladie, c’est à dire celle où le virus pourra être tué par des médicaments dont on sait qu’ils diminuent le portage du virus. Lors de la deuxième phase, il est malheureusement trop tard; il y a des embolies pulmonaires, on manque d’oxygène, le système immunitaire s’emballe et d’ailleurs l’hydroxychloroquine et peut être d’autres médicaments peuvent agir à ce niveau également.

Dans le Parisien de ce matin, on apprend que 100 médecins et scientifiques ont publié jeudi une lettre ouverte pour critiquer l’étude parue le 22 mai dans The Lancet. On pourra citer Annane Djilalli, de l’UFR des Sciences de la Santé Simone Veil comme signataire. Les principaux griefs sont l’absence de données sur les hôpitaux pris en compte dans l’étude et le fait que les prescriptions de chloroquine ou d’hydroxychloroquine dans certains pays leurs semblent incompatibles avec la réalité, par exemple un hôpital d’Australie est comptabilisé en Asie!!! C’est dire le sérieux de la relecture….


Retour en arrière sur le décret pris par Olivier Véran le 25 mars 2020

Cette semaine, les décisions ont été prises sous le coup de l’émotion, tant par l’OMS que par le gouvernement, et ça, il ne faut pas le faire! Quand on est en responsabilité au niveau du pays, c’est sans doute très difficile, mais il faut lire clairement un article ou attendre au moins qu’un staff technique « dépiote » les choses pour pouvoir prendre une décision adaptée, en conclut Philippe Parola.
Il tient à éclaircir les choses : il y a effectivement un texte qui a été modifié mais attention, il y a une différence entre le texte de loi, le communiqué de presse du Ministère de la Santé et la façon dont il a été relayé dans les médias. Il n’y a pas d’interdiction de prescrire l’HCQ : tout médecin peut le prescrire hors AMM, je l’utilise pour des maladies infectieuses avec des ATB. Si je l’arrête aujourd’hui, j’ai des malades atteints de fièvre endocardite qui vont mourir, c’est une prescription hors AMM. Par contre, ce décret revient en arrière, c’est à dire que les médecins de ville, qui pourtant sont en première ligne pour sauver les patients, même s’ils peuvent le prescrire, la pharmacie de ville ne pourra pas le faire. Il y a eu une surinterprétation de ce décret, instrumentalisé ou maladroite.


L’éditeur du Lancet, anti Trump!

Comme Philippe Douste Blazy l’annonçait récemment, il y a des éléments politiques à cet emballement autour de l’HCQ.
Et Philippe Parola de dénoncer :

Outre Manche, le débat aux Etats Unis de l’HCQ, s’est transformé en débat pro Trump/contre Trump. Le Président Américain s’est exprimé sur sa croyance envers ce médicament et tout à coup il y a eu un emballement médiatique et politique et d’ailleurs l’éditeur du Lancet, qui est encore éditeur du Lancet pour quelques temps, je ne sais pas si ça va durer, s’est très ouvertement prononcé anti Trump. C’est une part de l’explication!


L’industrie pharmaceutique et les conflits d’intérêt

Le chef de service des maladies infectieuses constate les fluctuations parallèles du cours de l’action de Gilead, concurent de l’HCQ, et celles des publications; il y a des échanges d’actions qui sont en milliards.
Il souligne que l’article d’investigation paru dans Marianne le 16 mai nous laisse pantois !

Celui paru dans Marianne le 3 avril 2020 également! Il titrait « 118.000 euros de MSD, 116.000 euros de Roche : faut-il s’inquiéter des liens entre labos et conseils scientifiques? »

Vous pouvez le lire ici (Marianne)

Le taux de mortalité dans le monde pourra être le juge de paix

Monsieur Parola sait que « le temps d’observer, d’analyser les conclusions de ceux qui ont soigné, de discriminer les malades » (…) s’adressant aux journalistes : « vous observerez la mortalité dans divers endroits du monde, chez nous, dans le Sud en Algérie, au Maroc, là où les gens ont été soignés et pas laissés à la maison et éventuellement soignés avec les médicaments ». Et de conclure

A marseille , on a inventé des traitements pour les maladies infectieuses, qui sont maintenant dans tous les livres du monde, et qui ont mis 4-5 ans à s’imposer.

Il est peut-être déjà bien loin le temps où Quand « The Lancet », la revue qui démolit le traitement de Raoult, publiait une étude élogieuse sur les effets positifs et le peu de dangerosité de la chloroquine en 2003 — Sott.net

La suite au prochain épisode!

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