Ebru Timtik, l’avocate qui a mené le combat désespéré contre erdogan jusqu’à la mort

En Turquie, le « nouveau sultan » Recep Tayyip Erdogan fait taire ses opposants avec une férocité sans pareil. Au cours des six dernières années, après l’échec de la tentative de coup d’état mi-juillet 2016, 337.000 procédures judiciaires pour suspicion de terrorisme ont été ouverte par le régime. Des avocats (1.500), des policiers, des militaires, des journalistes et des universitaires se sont retrouvés emprisonnés dans un régime d’exception qu’a dénoncé toutes les ONG.


Parmi les figures les plus marquantes de la lutte pour les droits de l’homme en Turquie, il y avait celui de l’avocate kurde Ebru Timtik. En grève de la faim depuis 238 jours, cette femme de 42 ans est décédée jeudi 27 août derrière les barreaux d’un hôpital à proximité d’Istanbul. Très peu de photos d’elle, ne pesant plus que 30 kilos cet été, ont pu filtrer.

« Elle ne voulait pas mourir ! Sa mort est un meurtre. Et tout le monde sait qui est responsable »

Serife Ceren Uysal, responsable de l’Association des avocats progressistes, au Parisien, 28/08/2020

Celle qui avait défendu des familles de civils tués lors de manifestations pacifiques (comme l’occupation d’un parc) contre le régime en 2014 et 2016, avait été condamnée à 13 ans de prison l’année dernière pour « appartenance à une organisation terroriste », en l’occurrence du parti d’extrême gauche DHKP/C. Elle avait été alors placée, avec un de ses confrères, Aytac Unsal, dans la prison de Silivri, à côté d’Istanbul. C’est aussi le cas pour sa sœur, également avocate.
Son procès a été inique, comme en témoigne une de rares occidentales qui a pu y assister, Sibylle Gioe, avocate au barreau de Liège: « Lorsque les témoins venaient à la barre, les avocats des accusés et le public étaient sortis de la salle ».
Ebru Timtik est la quatrième prisonnière a mourir d’une grève de la faim dans les geôles turques.

Dans ce drame, la parole des occidentaux peinent à faire entendre leur réprobation, à part des communiqués lacrymaux. La faute, sans doute, au chantage aux migrants exercés par Erdogan depuis plusieurs années.

Voir aussi: F-X. Bellamy à propos de la Turquie

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